Renault : un conseil demain, des tensions qui couvent
Le conseil d'administration de Renault doit se réunir demain. Et la tension ne redescend pas. Thierry Bolloré, le directeur général adjoint de Renault promu aux mêmes fonctions exécutives que Carlos Ghosn après l'arrestation de celui-ci, a enjoint Nissan "de s'abstenir de contacter le conseil d'administration", selon Reuters. En amont de cette réunion, Renault a en effet demandé au Japonais de ne pas contacter les membres de ce conseil car de tels contacts n'entrent pas dans les canaux de communication prévus pour les procédures sensibles, ajoute l'une des sources du média. Ainsi, et bien que les deux partenaires automobiles réitèrent régulièrement leur attachement à l'Alliance, ce dernier exemple illustre la difficile communication entre le constructeur français et japonais.
Actuellement, c'est l'enquête qui est au centre des préoccupations. L'AFP a indiqué hier que les avocats de Nissan avaient informé ceux de Renault des charges qui pèsent contre son PDG. Et il était temps, puisque depuis l'arrestation de Carlos Ghosn, le groupe français demandait à pouvoir consulter les pièces à charge. L'équipe de Nissan, qui a fait le déplacement à Paris, incluait des personnes ayant mené l'enquête interne à l'origine des révélations, rapporte l'AFP. Contrairement à Nissan et Mitsubishi, qui ont très vite révoqué le dirigeant, Renault a estimé lors de son conseil du 20 novembre ne pas être "en mesure de se prononcer sur les éléments dont disposeraient Nissan et les autorités judiciaires japonaises à l'encontre de Carlos Ghosn".
De son côté, mardi, le gouvernement français continuait d'affirmer qu'il n'avait pas accès aux détails. Pour mémoire, l'Etat français est actionnaire de Renault (à hauteur de 15 % avec deux sièges au conseil d'administration). Martin Vial, commissaire aux participations de l'Etat et administrateur du groupe, fait partie des personnes invitées à consulter les preuves, aux côtés du président du conseil d'administration par intérim Philippe Lagayette et de l'administrateur indépendant Patrick Thomas, selon Reuters.
Pendant ce temps-là, Carlos Ghosn est toujours en prison. Il a été inculpé lundi au Japon pour n'avoir pas déclaré des revenus différés qu'il avait accepté de toucher cinq ans durant, entre 2011 et 2015. Il est également en garde à vue pour de nouveaux griefs, qui portent sur la période 2015-2018.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

