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Affaire Carlos Ghosn : les précédents des patrons US

L’homme fort de Renault-Nissan a été officiellement démis de ses fonctions de chairman chez Nissan, accusé d’avoir réduit sa rémunération et utilisé l’argent de la société à des fins personnelles. Les règles de l’éthique des corporates sont parfois floues, ce qui a déjà joué des tours à des patrons américains.
Carlos Ghosn - Renault
Carlos Ghosn - Renault

La tension est plus vive que jamais entre l’état-major de Renault et de Nissan, alors que le constructeur automobile japonais a officiellement démis Carlos Ghosn de ses fonctions de chairman jeudi. Le principal concerné, emprisonné au Japon, n’a pas encore eu l’occasion de se défendre et n’a bien sûr pas encore été reconnu coupable, mais les allégations vont bon train. Le dirigeant aurait ainsi contribué à réduire sa rémunération officielle chez Nissan de 44 millions de dollars sur une période de cinq ans. Il aurait également utilisé les fonds du groupe japonais pour acheter et rénover des maisons, notamment 18 millions de dollars pour un condominium à Rio de Janeiro et une maison à Beyrouth au Liban, où il a été élevé. Enfin, il aurait rémunéré sa sœur pour des missions de conseil qui n’ont pas été prouvées, comme une facture de 60.000 dollars pour la résidence de Rio de Janeiro.

Le contexte de cette affaire est très particulier, dans la mesure où il inclut trois sociétés (Renault-Nissan-Mitsubishi) étroitement liées dans une alliance, et dont la fusion entre Renault et Nissan était attendue à terme. Mais fort est de constater que les affaires de détournements de fonds se sont multipliées dans les dernières années, notamment aux États-Unis, et mettent en lumière des règles parfois floues sur ce qui relève du logement ou des dépenses de fonction, et ce qui est personnel. Et si chaque dossier est différent en raison des faits et des acteurs en présence, les précédents peuvent apporter des éclairages intéressants face à cette situation extraordinaire.

Sur le sujet des déplacements en jet privé, certains groupes cotés ont décidé de prendre les devants et d’autoriser l’utilisation personnelle de l’avion de société pour des raisons de sécurité. C’est ainsi ce qu’a mis en place pour Apple pour son CEO Tim Cook, assurant que ce dernier allait payer des taxes sur ses voyages personnels. Outre-Manche, certaines affaires sont sorties dans la foulée du mouvement #MeToo : en avril dernier, le patron du groupe publicitaire WPP a été remercié, après des allégations selon lesquelles il aurait utilisé de l’argent corporate pour payer une prostituée. En 2010, c’est Larry Hurd, alors CEO de Hewlett-Packard, qui avait été poussé vers la sortie après avoir soumis des dépenses personnelles avec un sous-traitant. Ce dernier, qui est aujourd’hui le co-CEO d’Oracle, s’est toujours défendu de ces accusations, expliquant qu’il ne les remplissait pas lui-même et n’avait pas falsifié de document.

Enfin, un exemple similaire remonte à 2010, lorsqu’Ernst Lieb, alors patron de Mercedes-Benz aux US, a été licencié après des accusations selon lesquelles il aurait utilisé l’argent de la société pour des travaux dans sa maison du New Jersey. À l’époque, la maison-mère Daimler sortait d’un scandale de pots-de-vin et avait musclé sa politique en matière d’éthique afin de montrer sa bonne volonté aux autorités américaines.

Une chose est sûre : les actionnaires et investisseurs sont de plus en plus vigilants sur ce type de sujet, ce qui s’est traduit par une stagnation des avantages accordés aux CEO, qui sont en baisse de 0,6 % dans le Fortune 100 à 109.700 dollars, selon Equilar. Mais un dossier comme celui de Carlos Ghosn doit prendre en compte toutes les parties prenantes, le comportement du patron comme les règles internes et garde-fous (ou leur absence) de la société.

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