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Evenements / Renault / Carlos Ghosn

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Renault / Carlos Ghosn

Ghosn et la femme de César

Pour l’instant Carlos Ghosn serait en état d’arrestation par la police japonaise pour des faits concernant Nissan et sa rémunération. À l’heure qu’il est, toute spéculation est interdite. Mais comme la femme de César, on voit mal comment, soupçonné à ce point, le patron du constructeur automobile pourrait rester en poste.
Carlos Ghosn - Renault
Carlos Ghosn - Renault

Pompéia, la troisième épouse de Jules César fut répudiée immédiatement dès que l’empereur romain apprit que sa femme était soupçonnée de relations illicites avec Clodius, qui cherchait à le déstabiliser. Comme beaucoup, dont Cicéron, s’en étonnaient, le Pontifex Maximus répondit "même la femme de César ne doit pas être soupçonnée" d’après ce que rapporta Plutarque. Ce qui signifiait, qu’étant proche du pouvoir, et étant suspectée, il n’avait pas d’autre choix que de l’écarter, qu’elle soit fautive ou pas.

Pourquoi parler de la femme de César ? Tout simplement, parce qu’à l’heure qu’il est Carlos Ghosn est face aux policiers japonais. Car il est suspecté d’avoir minimisé sa rémunération en tant que patron de Nissan, dans les publications officielles du constructeur japonais. De la même manière, et d’après des informations fournies directement par Nissan, il est soupçonné d’avoir utilisé des actifs de Nissan à son profit "de manière inappropriée".

Nous ne sommes pas là pour juger de ce qui s’est passé. Parce qu’actuellement, en dehors de la presse japonaise qui publie des informations nouvelles à chaque heure, personne ne sait vraiment rien de cette histoire. Et peut-être le patron de Renault saura prouver sa bonne foi. Tout le problème vient qu’aujourd’hui aux yeux des Japonais et du monde entier, cet industriel hors pair est officiellement soupçonné de "malversations" au point d’être en état d’arrestation. Et comme la femme de César, compte tenu de sa position, compte tenu de problèmes déjà survenus dans le passé sur sa rémunération très importante (proche de 12 millions d’euros - hors stock -options), il n’est plus en mesure de diriger le groupe automobile qu’il a construit avec Nissan, Avtovaz, Dacia, Samsung et Mitsubishi, à partir de Renault.

Le deuxième sujet concerne la mauvaise image que cette affaire va faire retomber sur l’ensemble du groupe. Alors que Renault est déjà aux prises avec la justice au sujet des mesures de pollution, comme l’ont été les constructeurs allemands. Le problème aujourd’hui est qu’un patron, aussi charismatique que Carlos Ghosn, et aussi successful, voit son image complètement confondue avec celle de l’entreprise qu’il dirige. De surcroît, les règles de compliance se sont internationalisées. Si bien qu’une faute éventuellement reconnue au Japon, pourrait être considérée également comme un délit aux États-Unis.

Le troisième sujet est d’un autre ordre. Au moment où des centaines de milliers d’automobilistes, et notamment de conducteurs de Renault ou de Logan, sont sur les routes en train de manifester avec des gilets jaunes, cette affaire témoigne encore une fois du fossé grandissant entre la France d’en haut et celle d’en bas, entre les dirigeants et le peuple, entre les producteurs et les consommateurs. Cette situation n’est pas saine. Car elle sera nécessairement exploitée par les populismes de tout bord, quelle que soit sa gravité, quelle que soit la vérité qui sortira progressivement et quelles qu’en soient les conséquences pour Renault.

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