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Alstom / Bombardier / free cash-flow
Pour Alstom, le cash-flow pourrait bientôt ne plus être un problème / L’intégration de l’ex-Bombardier Transport progresse bien
Le vent tourne pour Alstom. En peu de temps, l’accueil mitigé aux récents résultats annuels du géant français du matériel ferroviaire a laissé place à un franc optimisme. Son cours de Bourse vient de s’apprécier de 12 % en trois séances, renouant avec ses niveaux de la mi-mars. Une ascension soudaine qui n’allait pas de soi face à l’annonce du report d’un an de l’objectif de marge d’exploitation comprise entre 8 % et 10 % et de conversion du résultat net en flux de trésorerie nette supérieure à 80 %. Retard qui a d’ailleurs valu au groupe de voir sa note dégradée par Moody’s.
Ce faisant, l’agence de notation a d’ailleurs remis le doigt sur un sujet récurrent, qui ne date pas d’hier. Le free-cash était déjà une question centrale avant que le groupe ne procède à la cession controversée de sa branche énergie à General Electric en 2014. Il l’est redevenu lorsqu’Alstom a mis la main sur le canadien Bombardier Transport il y a un petit peu plus de deux ans, opération qui lui a permis de se hisser au deuxième rang mondial de son secteur, mais qui a amené Alstom à récupérer un carnet de commandes rempli de contrats déficitaires, suscitant des inquiétudes sur le bilan jugé tendu.
120 milliards de commandes potentielles
Le groupe a néanmoins réalisé d’importants efforts l’an dernier pour gérer cette situation, avec des progrès visibles. "Alstom a respecté ses prévisions de free cash-flow pour l’exercice 2022-2023 et prévoit un free cash-flow significativement positif en 2023-2024", ont souligné les analystes de JP Morgan dans une note, estimant que les inquiétudes concernant le bilan devraient s’apaiser. Pour la banque d’affaires, la dégradation par Moody’s mérite d’ailleurs d’être relativisée, dans la mesure où l’agence de notation a maintenu sa perspective stable, "ce qui reflète l’absence de risques immédiat pour la note de crédit", observe-t-elle.
Les difficultés causées par les contrats mal maîtrisés de l’ex Bombardier Transport se résolvent au fur et à mesure de leur exécution. Un roadshow organisé en fin de semaine dernière par Oddo BHF a d’ailleurs donné au groupe l’occasion de souligner que l’intégration opérationnelle de Bombardier Transport progressait bien.
"Tout d’abord, les synergies se poursuivent", a noté le bureau d’analystes. D’autre part, il reste trois milliards d’euros de contrats Bombardier à marge zéro à exécuter, face à un carnet de commandes total de 87,4 milliards d’euros. Et ce alors que le groupe a identifié 120 milliards d’euros de commandes potentielles pour les 18 prochains mois. Alstom peut donc dans ces conditions "se permettre d’être sélectif", estime Oddo BHF. D’autant que "le groupe ne voit pas de signes de ralentissement de marché, au contraire", alors que les plans de soutien européens et américains commencent à produire leurs effets.
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