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Alstom solde l’acquisition de Bombardier au prix fort
L’acquisition de Bombardier Transport, certes bienvenue d’un point de vue stratégique, aura réservé une dernière surprise aux actionnaires d’Alstom. À l’occasion d’une journée investisseur organisée aujourd’hui où il a dévoilé ses objectifs à moyen terme, le fabricant français de matériel ferroviaire a révélé qu’il anticipait un flux de trésorerie disponible dans le rouge de 1,6 à 1,9 milliard d’euros au premier semestre de son exercice décalé 2021-22. Pour l’ensemble de l’exercice, malgré un retour en territoire positif au second semestre, le free cash flow sera "significativement négatif", a également prévenu le groupe. Donc a priori bien au-delà du consensus des prévisions des analystes, qui était établi à -224 millions d’euros. Credit Suisse anticipe par exemple un flux négatif compris entre un et 1,5 milliard d’euros pour l’année entière.
Alstom explique que le flux de trésorerie disponible sera "affecté par le besoin en fonds de roulement en raison d’un effet de phasage, d’une montée en cadence industrielle et des efforts de stabilisation des projets". Évocation des conséquences de l’intégration de Bombardier Transport, en particulier la mobilisation de fonds pour absorber les risques de certains contrats problématiques remportés par le Canadien avant son acquisition.
Une véritable douche froide pour les intervenants de marché, qui ne s’y attendaient pas du tout. On pensait pourtant que le plus dur était passé lorsque Alstom annonça en mai dernier, à l’occasion de la publication de ses comptes annuels décalés, une nouvelle provision (de 632 millions d’euros) pour se couvrir de risques associés aux contrats incriminés. Elle faisait suite à une première mise en réserve de 451 millions d’euros en décembre 2020. L’action Alstom a dégringolé de près de 8 % en début de matinée et demeurait en baisse de 6 à 7 % pendant l’après-midi.
Mais cette situation ne sera que transitoire le temps d’intégrer totalement Bombardier Transport, assure le groupe français, qui pense avoir régularisé la situation du portefeuille de commandes problématique "d’ici deux à trois ans". L’objectif de synergies de 400 millions d’euros par an à partir de l’exercice 2025-26 au plus tard est maintenu et Alstom affirme que la communion des forces commerciales et de la présence géographique des deux groupes lui a permis d’engranger environ six milliards d’euros de contrats au premier trimestre de son exercice en cours (entre le 1er avril et le 30 juin).
Alstom vise ainsi une progression moyenne supérieure à 5 % de son chiffre d’affaires entre 2020-21 (14 milliards d’euros pro forma) et 2024-25 et, à partir de cet exercice, une marge opérationnelle ajustée entre 8 et 10 % ainsi qu’un taux de conversion du résultat net ajusté en flux de trésorerie disponible supérieur à 80 %.
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