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Alstom s’inquiète de la situation de Bombardier Transport

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Alstom s’inquiète de la situation de Bombardier Transport

Les comptes trimestriels décevants publiés la semaine dernière par la filiale du canadien Bombardier poussent l’acquéreur français à renégocier les termes de l’acquisition, sans remettre en cause celle-ci.
Bombardier
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Le feu vert sous condition accordé le 31 juillet par la Commission européenne à l’acquisition des activités ferroviaires du canadien Bombardier par Alstom ne garantit pas une fin de transaction sans encombre.

La qualité des comptes du deuxième trimestre publiés par Bombardier le 6 août dernier a en effet surpris et, visiblement, déçu le groupe français. "L’annonce des résultats trimestriels souligne des évolutions négatives et non prévues quant à Bombardier Transport [nom du pôle en cours d’acquisition, ndlr], laquelle fait face actuellement à des difficultés, notamment par rapport aux informations disponibles en amont de l’annonce, le 17 février 2020, de l’acquisition envisagée de Bombardier Transport par Alstom", indique l’entreprise dans un communiqué diffusé ce matin.

Contacté par Wansquare, Alstom n’a pas souhaité aller plus loin que son communiqué. Mais Bombardier Transport a en effet publié des chiffres profondément dégradés au deuxième trimestre 2020 : son chiffre d’affaires a reculé de 33% et il a dû passer dans ses comptes une provision de 435 millions de dollars en raison de coûts supplémentaires d'ingénierie, de certification et de modifications associés à certains projets en cours d'achèvement au Royaume-Uni et en Allemagne. "Plus des deux tiers de cette charge devraient avoir une incidence sur les flux de trésorerie disponibles en 2020", avait alors prévenu Bombardier.  Ces mauvais résultats ne sont pas tous directement liés à la pandémie, puisque Bombardier évoquait la semaine dernière "des coûts excessifs" dans la gestion de projets de son pôle Transport et a lancé un "examen approfondi" de certains projets – ce qui alimente l’inquiétude d’Alstom.

Le groupe dirigé par Henri Poupart-Lafarge ne s’arrête pas à cette triste constatation. Il compte bien en tirer les décisions qui s'imposent : il prévient qu’il "tiendra compte des conséquences de ces évolutions financières et opérationnelles lors des discussions à venir avec Bombardier Inc".

Le prix de l’actif est la variable d’ajustement la plus évidente. Il a été négocié entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros dans l’accord préliminaire, le prix définitif devant précisément être fixé en fonction des comptes et de la situation de trésorerie de Bombardier Transport au bouclage de l’opération. Bombardier estimait, en moment d’annoncer le deal en février, que sa filiale afficherait une position nette de cash d’environ un milliard d’euros fin 2020, avec une garantie de trésorerie positive. Étant donné les provisions passées au deuxième trimestre, l’on sait déjà que l’objectif de cash-flow est compromis.

Pour autant, Alstom a confirmé son intérêt pour l’acquisition de Bombardier Transport. Le groupe s’estime capable de "rétablir à moyen terme la rentabilité et les performances commerciales" de ces activités. Les investisseurs sont toutefois contrariés, le communiqué d’Alstom laissant entrevoir de probables difficultés dans les négociations. Son action perdait 1,5% vers 14h45 à la Bourse de Paris.

Le contexte pandémique ne contribue évidemment pas à apporter de la sérénité et rebat les cartes du M&A. La crise a fait capoter certains deals (le plus emblématique en France étant la tentative avortée de l’assureur Covéa d’acquérir Partner Re pour 9 milliards de dollars), ou a poussé les acquéreurs à modifier les termes des accords préliminaires, ou les a fait hésiter, comme LVMH dans son offre sur Tiffany.

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