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Alstom accumule les commandes sous son sapin
Le mois de décembre est à marquer d’une croix blanche pour Alstom, engagé dans une dynamique commerciale exceptionnelle pour son exercice 2021-22. L’équipementier ferroviaire français vient de remporter le contrat de fourniture d’au moins 25 trains à grande vitesse à l’opérateur ferroviaire public suédois Statens Järnvägar (SJ). Son montant est évalué à 7 milliards de couronnes, soit 680 millions d’euros. Les trains, dont la mise en service est attendue en 2026 et qui rouleront à une vitesse maximale de 250 km/h, relieront les principales villes de ce pays long de 1 500 kilomètres du nord au sud, mais aussi le Danemark et la Norvège.
Avec ce contrat important, Alstom finit l’année civile (et son premier semestre fiscal) en trombe. Toujours dans les TGV, il a remporté avec le japonais Hitachi un méga-contrat dans le cadre du projet britannique "High Speed Two" : portant sur 54 trains roulant jusqu’à 360 km/h et leur maintenance pendant 12 ans, l’accord représente 2 milliards de livres, soit 2,3 milliards d’euros.
Pour ses trains plus traditionnels, Alstom n’est pas non plus en reste. Lundi dernier, il annonçait avoir remporté une commande de 268 millions d’euros auprès de la compagnie nationale belge SNCB, portant sur la fourniture de 98 voitures M7 supplémentaires dans le cadre d’un contrat-cadre signé en 2015 (qui porte le nombre total de voitures de ce modèle commandées à ce jour à 747). La semaine dernière, c’est avec Transdev qu’Alstom signait la livraison et la maintenance de 16 trains de huit voitures, destinés à la ligne Marseille-Nice à compter de 2025. La commande représente environ 250 millions d’euros. L’équipementier remportait également un contrat-cadre avec la compagnie ferroviaire irlandaise Iarnrod Eireann, pour un maximum de 750 trains de banlieue pour le réseau du Grand Dublin DART ; ce contrat très important comprend une première commande ferme de 19 trains électriques X’trapolis pour un montant déjà significatif de 270 millions d’euros – pouvant fonctionner en dehors du réseau électrique grâce à l’alimentation sur batterie, ils marquent une étape importante dans la transition énergétique du transport ferroviaire en Irlande.
L’abondance de contrats en cette fin d’année augure d’un exercice 2021-22 exceptionnel d’un point de vue commercial. Alstom a déjà réalisé un premier semestre (clos le 30 septembre 2021) très solide en engrangeant plus de 9,7 milliards d’euros de commandes nouvelles – soit un bond de 81% par rapport au premier semestre de l’exercice précédent, marqué par le confinement généralisé, mais également 2,1 fois les commandes enregistrées au premier semestre 2019-20.
L’intégration de Bombardier Transport n’y est évidemment pas étrangère. Mais pas uniquement : en intégrant le Canadien à la base de calcul de l’exercice précédent, les commandes ont par exemple augmenté de 106% entre le premier trimestre 2020-21 et le premier trimestre 2021-22. Le carnet de commandes d’Alstom atteignait au total 76,4 milliards au 30 septembre dernier, soit un ratio commandes sur chiffre d’affaires supérieur à 1,3.
Cette frénésie commerciale ne se fait pas non plus sans réalisme économique. Dans le cadre de la restructuration consécutive à l’acquisition de Bombardier Transport, Alstom va ainsi supprimer 1 300 emplois en Allemagne, soit 13% de ses effectifs outre-Rhin au cours des trois prochaines années, dont certains seront déplacés dans d’autres pays, tandis que 600 à 700 nouveaux postes à plus haute valeur ajoutée seront créés en Allemagne dans la technologie de signalisation et les logiciels.
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