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Alstom / Bombardier / Moody’s

Alstom menacé par l'inflation

L’envolée de l’inflation et les tensions sur les approvisionnements pourraient affecter la trajectoire de redressement de la rentabilité et de désendettement d'Alstom, estime Moody’s.
L'envolée de l'inflation risque de peser sur le redressement des marges d'Alstom - Photo by SEBASTIEN BOZON / AFP
L'envolée de l'inflation risque de peser sur le redressement des marges d'Alstom - Photo by SEBASTIEN BOZON / AFP

La dégradation de l’environnement macroéconomique risque de ne pas être sans conséquence pour Alstom. La défiance à laquelle le fleuron industriel français est confronté de la part des investisseurs depuis le rachat en janvier 2021 des activités ferroviaires du groupe canadien Bombardier pourrait mettre plus de temps qu’espéré à s’effacer. Son cours de Bourse chutait de 9% jeudi-après-midi, autour de 21,4 euros. "Alstom progresse dans la stabilisation des projets à haut risque hérités de Bombardier Transport, mais l’inflation élevée pourrait ralentir le redressement de la rentabilité", prévient Moody’s dans sa dernière note sur la société.

Le rachat de Bombardier Transport a marqué une opération stratégique majeure, permettant à Alstom de se hisser au rang de deuxième acteur mondial dans les activités ferroviaires, juste derrière le géant chinois CRC. En contrepartie, le groupe français avait hérité du carnet de commandes de Bombardier nombre de contrats à faible marge, voire à marge négative, occasionnant l’inscription d’importantes provisions dans ses comptes.

Sur l’ensemble de l’exercice 2021-2022, dont les résultats ont été publiés le mois dernier, les ventes relatives aux contrats dits "non-performants", définis comme des projets à marge à terminaison négative (prenant en compte les coûts déjà passés et ceux à venir), se sont ainsi élevées à 2,6 milliards d’euros, soit 17% du chiffre d’affaires total de 15,5 milliards d’euros. Ce qui n’a pas empêché le groupe d’afficher une marge d’exploitation globale de 5%, conforme aux attentes du consensus des analystes.

 

Redressement des marges potentiellement ralenti

 

"Cependant, la part encore élevée de projets non performants dans le carnet de commandes, associée à des pressions inflationnistes croissantes et à des difficultés persistantes dans la chaîne d'approvisionnement, pèsera sur le redressement des marges au cours des deux prochaines années", estime Moody’s. Les actions fortes de réduction des coûts mises en place par le groupe ne seront pas de trop pour faire face au choc d’inflation. Les dernières statistiques disponibles ont montré que les prix à la production industrielle en zone Euro avaient bondi de 37,2% en avril en glissement annuel.

En parallèle, les pénuries de composants électroniques continuent à créer des tensions sur les livraisons. Selon les analystes d’Oddo BHF, d’ailleurs, "contrairement à ce que semble penser une partie du marché, les risques ne résident plus désormais dans l’intégration de Bombardier ou dans des provisions supplémentaires […] mais dans la capacité du groupe à être livré en composants électroniques".

 

L’enjeu du cash-flow libre

 

La situation fait également peser un risque sur le rythme de la réduction de l’endettement, qui a grimpé à 2,1 milliards d’euros l’an dernier, sous l’effet de l’acquisition de Bombardier Transport et d’un cash-flow libre négatif à hauteur de 1,46 milliard d’euros. A court terme, les progrès en matière de désendettement pourraient ralentir "au cours des 12 à 18 prochains mois", avertit ainsi Moody’s. "La liquidité est solide", souligne l’agence, "mais limitée par le faible solde de trésorerie et les fluctuations élevées du fonds de roulement", ajoute-t-elle. Le groupe détenait 810 millions d’euros de trésorerie et équivalents de trésorerie disponibles à fin mars dernier. Le cash-flow libre, ou flux de trésorerie disponible, est très surveillé chez Alstom. Le groupe prévoit que cet indicateur, qui mesure le flux de cash de l'entreprise une fois payés ses investissements, sera positif sur l’ensemble de l’année, mais un doute existe pour le premier semestre.

Dans l’ensemble néanmoins, selon Moody’s, "les prévisions à moyen terme d'Alstom restent réalisables", en particulier l’objectif de marge d'Alstom de 8 % à 10 % pour l'exercice 2024/2025, et le désendettement est en bonne voie. L’agence de notation prévoit en effet qu’ "une grande partie du chiffre d'affaires sera couverte par de nouvelles commandes bénéficiant de clauses d'indexation et de marges brutes plus élevées". Cette part "nettement plus faible" de contrats à marge nulle devrait se combiner aux économies de coûts ainsi qu’aux synergies de la fusion, que le groupe attend à 400 millions d’euros à cet horizon, puis entre 475 et 500 millions d’euros annuels à partir de 2025/2026.

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