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Publications, Résultats / Alstom / siemens / Fusion

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Alstom / siemens / Fusion

Alstom-Siemens ou quand les fous détiennent les clés de l’asile

Alors qu’Alstom vient de publier des résultats semestriels en très bonne forme, on attend toujours le verdict de la Commission européenne sur le rapprochement avec Siemens qui serait truffé de conditions inadéquates avec des obligations de cessions. Ce qui confirme l’incapacité des technocrates bruxellois à appréhender les grands rapprochements industriels.
Alstom
Alstom

C’est la douche écossaise pour Alstom. Alors même que le groupe vient de publier un bénéfice net plus que triplé pour le premier semestre de son exercice décalé 2018/19, à 563 millions d'euros avec un chiffre d'affaires en hausse de 20 % à 4 milliards d'euros et des prises de commandes multipliées par deux à 7,1 milliards, les nouvelles en provenance de Bruxelles concernant le projet de rapprochement avec Siemens sont de moins en moins rassurantes.

Selon le média Politico Europe installé dans la capitale belge, la Commission européenne s'apprête à se prononcer sur le projet de rapprochement de Siemens Mobility (la division ferroviaire du conglomérat allemand) et d'Alstom en déclarant ce 'deal' "incompatible", en son état actuel, avec les règles qui régissent le marché unique. Ce qui suppose que le régulateur européen de la concurrence va exiger des mesures correctives, c’est-à-dire des cessions importantes.

Toujours selon Politico : "Bruxelles est arrivé à la conclusion préliminaire que le projet est "incompatible" avec le marché unique, selon deux sources qui ont eu accès à l'énumération des inquiétudes de la Commission européenne relativement à cette fusion, qui ont été notifiées aux deux entreprises à la fin du mois dernier". En raison de la position dominante qu'occuperait l'ensemble Siemens Mobility-Alstom, des cessions pourraient donc être exigées dans les segments des trains à grande vitesse, des équipements de signalisation et de contrôle, des trains régionaux et des métros.

Désormais chaque dossier soumis à la Commission européenne visant la création d’un géant continental dans tel ou tel secteur est retoqué, parce que les technocrates bruxellois ne veulent pas de géants. Ces fonctionnaires, qui agissent comme des fous qui auraient réussi à s’approprier les clés de l’asile, n’ont pas compris que leur rôle devrait être, au contraire, de favoriser l’émergence de grands groupes européens capables de résister aux conglomérats américains ou aux géants chinois. Ils continuent de regarder un rapprochement comme celui d’Alstom et Siemens à la seule aune du marché européen alors que le terrain de jeu, c’est la planète.

Il existe un groupe chinois, CRRC, dont la taille est aujourd’hui quatre fois plus importante que Alstom ou Siemens. Ce monstre sait faire des TGV aussi bien que nous, avec toutes les technologies de pointe. Il est dopé aux amphétamines du gouvernement chinois qui a décidé de construire des lignes de TGV dans toute la Chine, voire aussi sur certaines "routes de la Soie". Si Alstom et Siemens se marient, c’est justement pour lutter contre ce nouveau concurrent qui remporte des marchés à l’international. Alstom et Siemens réunis ne pèseront que la moitié de CRRC. Il est donc aberrant de vouloir leur imposer des cessions qui en feront un nain sur l’échelle mondiale.

Il ne s’agit pas là d’un discours antieuropéen. Bien au contraire. Si l’Europe veut réussir, se sauver elle-même, échapper aux forces centrifuges et aux populismes, elle doit montrer sa force et arrêter de battre sa coulpe. Emmanuel Macron qui va bientôt inaugurer la mise en œuvre d’un TGV au Maroc devrait insister pour que les politiques reprennent les clés de l’Europe et pour dire aux "technocrates" qui la dirigent de rester à leur place.

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