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Bouygues

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Bouygues / Bouygues Telecom / TF1 / Alstom

Bouygues vaut à peine plus que ses fonds propres

Le marché n’a toujours pas intégré la capacité du groupe à créer de la valeur, le potentiel de croissance de Bouygues Telecom et le redressement de TF1. Le titre mérite une bien meilleure appréciation.
Martin Bouygues
Martin Bouygues

Bouygues est l’un des rares conglomérats, avec Bolloré, qui figure à la Bourse de Paris. On y trouve de la téléphonie, de la télévision, du bâtiment, des travaux publics et une participation dans Alstom. Cette situation a beaucoup d’avantages. Notamment pour les actionnaires. Car lorsqu’une activité progresse moins vite qu’une autre, il existe des relais de croissance. En revanche apprécier les comptes du groupe devient un exercice de plus en plus complexe et surtout qui a de moins en moins de sens. La seule appréciation financière qui aurait un sens serait de calculer une somme des parties, donc une valeur d’actif net réévalué. Ce qui aurait d’autant plus de sens que les capitaux propres du groupe s’élèvent à 11,11 milliards d’euros, soit presque autant que la capitalisation boursière.

Alors bien sûr la vision globale livrée aux actionnaires des comptes du groupe est positive avec un chiffre d’affaires de 35,5 milliards d’euros en hausse de 3 % à données comparables. Avec un résultat opérationnel courant de 1,5 milliard d’euros et un résultat net part du groupe et hors éléments exceptionnels de 1,05 milliard en forte hausse. Mais cela traduit à la fois la très bonne tenue des activités de construction dont on parle trop peu s’agissant de Bouygues avec un chiffre d’affaires de 28 milliards d’euros et un carnet de commandes de 33,1 milliards d’euros. Surtout avec un savoir-faire unique au monde qui a permis à Bouygues de faire le pont le plus long au monde entre Hong Kong et Macao, ce qui est une véritable prouesse technologique. Cette activité représente à elle seule les deux tiers du résultat opérationnel.

Bien sûr c’est Bouygues Telecom qui focalise tous les regards. D’autant plus que Bouygues a su redresser de manière magistrale cette filiale après l’apparition d’un quatrième opérateur. Et Bouygues Telecom, qui innove et qui sait faire du marketing, gagne beaucoup d’abonnés que Free perd : près de 2 millions de nouveaux abonnés mobile, pour un parc qui en compte désormais 16,4 millions. Voilà qui autorise les experts à espérer toujours un regroupement avec SFR dont on connaît la gestion pitoyable et la vente d’abonnements à perte.

Sur le plan industriel, l’activité la plus problématique, c’est TF1, même si Gilles Pélisson a fait un gros travail de redressement depuis son arrivée à la tête de la chaîne. Le fait est que les usages de la télévision changent très vite sous l’effet de Netflix, d’Amazon Vidéo, et des autres Gafas. La télévision est devenue une activité de haute technologie où la création et le commercial ont moins d’importance que la capacité à s’adapter aux besoins d’un public qui est né avec internet. D’où sa faible rentabilité.

Il reste qu’être actionnaire de Bouygues est une véritable sinécure par les temps qui courent. Le titre vaut ses fonds propres. Il y a un fort potentiel de création de valeur dans la téléphonie. Et il ne faut pas négliger les actifs cachés comme Alstom, dont les résultats sont très satisfaisants. Le titre ne peut que croître, en dépit du Brexit, de Trump ou des aléas monétaires. De plus le groupe est géré comme un portefeuille familial et ce n’est pas là son moindre atout.

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