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Entreprises / Actions / Alstom / transport ferroviaire / Bombardier

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Alstom / transport ferroviaire / Bombardier

Patience requise pour Alstom

Le groupe ferroviaire a pris le marché au dépourvu notamment en passant de nouvelles provisions sur les contrats de Bombardier Transport. Mais ses performances commerciales signalent qu'il s'agit de contrariétés de court terme.
Alstom - siège social
Alstom - siège social

Alstom jouera gros le 6 juillet prochain, jour où il présentera sa stratégie et ses objectifs, qui intégreront Bombardier Transport, l'ancienne filiale ferroviaire du canadien Bombardier dont il a bouclé l'acquisition au début de l'année. Car pour l'instant, les investisseurs en voient surtout les coûts que l'opération fait subir au groupe français de matériel ferroviaire. Comme l'ont révélé ce matin ses résultats annuels décalés (clos le 31 mars 2021), qui intègrent deux mois de résultats de Bombardier Transport, Alstom a dû passer une nouvelle provision pour se couvrir de risques associés à certains contrats remportés par le Canadien antérieurement à l'acquisition : le montant, passé au dernier trimestre, atteint cette fois 632 millions d'euros et vient s'ajouter aux 451 millions déjà enregistrés dans le bilan de clôture du groupe canadien en décembre dernier. Au total, le nettoyage du carnet de commandes du Canadien aura donc pesé près de 1,1 milliard d'euros sur les comptes d'Alstom.

Autre mauvaise surprise, l'acquisition de Bombardier Transport, pour 5,5 milliards d'euros, a fait augmenter la dette d'Alstom davantage que ne l'anticipaient certains analystes. La situation de bilan est passée d'une trésorerie nette de 1,18 milliard d'euros le 31 mars 2020 à un endettement net de 899 millions un an plus tard. "La déception aujourd'hui vient du fait que la dette nette est plus élevée que prévu, ce qui montre que le coût réel de la transaction Bombardier Transport pourrait être supérieur au chiffre annoncé par la société", écrivent les analystes de JPMorgan Cazenove dans une note.

En outre, le flux de trésorerie disponible est passé d'un flux positif de 206 millions en 2019/20 à une sortie de 703 millions en 2020/21. Il a été pénalisé par "une contribution négative sur le périmètre historique Bombardier Transport de -751 millions d'euros", explique le groupe, en raison de pratiques de gestion divergentes du besoin en fonds de roulement (BFR) : "Bombardier utilisait des systèmes d'optimisation de son BFR. Nous avons intégré en dette des instruments de préfinancements de contrats et apuré des retards de paiements fournisseurs", a ainsi détaillé Henri Poupart-Lafarge, PDG du groupe français, lors d'une conférence avec les analystes. Ces éléments imprévus ont pris les investisseurs à revers, qui ont déserté le titre aujourd'hui (qui perdait 2,7% à 45,28 euros peu avant 16 heures).

Mais pour Alstom, il s'agit d'une phase transitoire et l'opération annoncée ce matin sera la dernière, assure-t-il, ayant décortiqué par le menu près des trois quarts du portefeuille de contrats de Bombardier Transport.  "La faiblesse de la performance des activités de Bombardier Transport, ainsi que la pandémie, affaibliront la position financière pro forma à court terme. Mais le profil d'activités renforcé, la solide liquidité et les opportunités de croissance à long terme du secteur ferroviaire soutiendront sa qualité de crédit. Nous nous attendons à ce que le levier du groupe combiné retrouve celui du périmètre historique d'Alstom en 2019/20 dans les deux prochaines années", jugeait par exemple Nathalie Tuszewski en février dernier.

Le groupe, qui est devenu numéro deux mondial du rail derrière le nouveau géant chinois CRRC, n'affiche pas d'inquiétude pour l'avenir. Certes, la marge opérationnelle du Canadien ressort à 2,7% pour l'exercice 2020/21, tandis que celle du périmètre historique d'Alstom progresse de 30 points de base pour atteindre 8% (faisant ressortir la marge opérationnelle ajustée du groupe dans son nouveau périmètre à 7,3%, au-dessus du consensus des prévisions des analystes). Alstom se donne jusqu'à trois ans pour remettre à niveau la marge de Bombardier, en raison des projets risqués qui arriveront au cours des deux prochaines années. Mais l'objectif de synergies annuelles de 400 millions d'euros, à compter de 4 à 5 ans après l'intégration, a été confirmé.

Et l'évolution du carnet de commandes combiné montre que l'activité future soutiendra les efforts d'Alstom pour intégrer Bombardier Transport : le groupe a remporté 9,1 milliards d'euros de nouveaux contrats en 2020/21, au-dessus du consensus, grâce à des signatures importantes gagnées au cours du dernier trimestre. Le carnet total se montait ainsi à 74,5 milliards d'euros au 31 mars dernier.

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