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Alstom obtient un rabais pour Bombardier Transport
Alors que la crise sanitaire a provoqué la rupture de plusieurs contrats d’acquisition (celui de LVMH sur Tiffany étant le dernier en date), Alstom est lui parvenu à un petit exploit : faire baisser le prix auquel il va acheter Bombardier Transport (BT), les activités ferroviaires du conglomérat industriel canadien Bombardier. Tout comme LVMH, Alstom n’avait pas invoqué les effets de la crise sanitaire mondiale sur l’économie.
Le groupe français a obtenu auprès de Bombardier et de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui détient 32,5% du capital de BT, une réduction de 300 millions d’euros de la fourchette de prix. Celle-ci est désormais comprise entre 5,5 et 5,9 milliards d’euros, sans prendre en compte le mécanisme d’ajustement du prix lié à la position de trésorerie nette de BT au moment de la conclusion de l’acquisition. Alstom considère, en estimant cet ajustement, que le prix de sa cible ne devrait pas excéder 5,3 milliards d’euros. La structure du financement de la transaction (qui prévoit notamment plusieurs augmentations de capital) n’a en revanche pas été modifiée et la CDPQ se retrouvera bien actionnaire d’Alstom à hauteur d’environ 18%, après avoir apporté ses titres BT à l’offre.
Le groupe français a donc obtenu une baisse significative du prix d’acquisition, après avoir prévenu en août "d’évolutions négatives et non prévues" de l’activité ferroviaire de Bombardier. Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires de BT avait reculé de 33% et il avait dû passer une provision de 435 millions de dollars en raison de dérapages dans les coûts de certains projets au Royaume-Uni et en Allemagne. Donc sans lien avec le Covid-19. "Les termes de l’accord ont été adaptés à la situation actuelle", souligne Alstom dans son communiqué de mercredi.
La réalisation de l’opération, qui a déjà été approuvée sous condition par l’autorité de la concurrence européenne, est attendue au premier trimestre 2021, soit un délai plus court qu’initialement imaginé (premier semestre). C’est le signe que le dernier nuage majeur qui planait au-dessus de l’opération s’est désormais dissipé.
"L'acquisition de Bombardier Transport représente une étape transformante pour Alstom. Elle va permettre au groupe d'accélérer sur sa feuille de route stratégique et de renforcer son leadership dans un contexte de marché dynamique", a déclaré le PDG du constructeur français, Henri Poupart-Lafarge, dans le communiqué. Une assemblée générale extraordinaire des actionnaires d’Alstom, pour approuver l’opération, est prévue le 29 octobre 2020. Après l'échec de rapprochement avec Siemens en 2018, Alstom va finalement pouvoir devenir le numéro deux mondial de son secteur.
L’action Bombardier a bien plus profité de cette annonce que celle d’Alstom : elle progressait de 5,5% vers 12h30 à Toronto, alors que titre Alstom a terminé sa séance en hausse de 1,1%. Les investisseurs craignaient en effet beaucoup plus pour la santé de Bombardier, dont les grandes difficultés justifient la vente de BT, si l’opération ne se confirmait pas, y compris à un prix réduit.
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