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Une publication annuelle en demi-teinte pour Alstom / Si l'activité est au beau fixe, trois éléments ont contrarié la Bourse
Il y a des jours avec et des jours sans. Si le titre Alstom a bénéficié ce lundi de l’annonce de la nomination de Bernard Delpit à la direction financière du groupe, le cours de l’industriel a été sanctionné dès l’ouverture de la séance de mercredi. Après la publication des résultats annuels de l’exercice décalé 2022/2023 du numéro deux mondial du ferroviaire, l’action Alstom a accusé un recul atteignant jusqu'à 6 %. Et à la mi-séance, le titre faisait toujours figure de lanterne rouge du CAC 40.
Au cœur de la déception des investisseurs, un résultat net encore dans le rouge, une dégradation par l’agence de notation Moody’s de la note de crédit du groupe et le report de ses objectifs à moyen terme. Alstom a pourtant fait état d’une activité en progression à fin mars 2023. Son chiffre d'affaires s'est apprécié de 5 % sur un an en variation organique, à 16,5 milliards d'euros, tandis que le bénéfice net a signé son retour en territoire positif. En perte de 173 millions d'euros sur l'exercice précédent, le résultat net ajusté a atteint 292 millions d'euros au 31 mars 2023.
Le résultat d'exploitation ajusté affiche quant à lui une progression de 11 % (en données publiées), à 852 millions d'euros. Ce faisant, la marge d'exploitation a progressé de 20 points de base sur l'année pour se fixer à 5,2 %. Cependant, a souligné la direction de la composante du CAC 40 à l'occasion de la publication, "le pourcentage de marge opérationnelle a été négativement impacté par le chiffre d'affaires de 2,3 milliards d’euros réalisé à marge brute nulle, principalement lié aux projets hérités de Bombardier Transport."
Du côté la dynamique commerciale, la progression est aussi au rendez-vous : le carnet de commandes, indicateur clé dans le secteur, a grimpé de 12 % en variation organique depuis la fin du mois de mars 2022. Il représente 87,4 milliards d'euros. Les commandes reçues ont elles aussi enregistré une hausse de 5 % en organique, pour un montant de 20,7 milliards d'euros. Pour autant, le ratio commandes sur chiffre d'affaires est resté stable, à 1,25.
Dégradé par Moody's
Mais ce ne sont pas ces différents indicateurs que les opérateurs de marchés auront choisi de retenir à l'issue de la publication. Il y a tout d'abord le résultat net, part du groupe (RNPDG), qui est ressorti négatif à hauteur de 132 millions d'euros, au terme de l'exercice 2022/2023. Les pertes se sont pourtant réduites sur un an, puisque le RNPDG avait atterri à - 581 millions lors de l'exercice précédent. Mais les charges de restructuration ou d'intégration liées à celle de Bombardier Transport n'auront pas permis à l'indicateur de renouer avec les bénéfices. Les synergies qui en découlent auront toutefois offert 205 millions d'euros de marge d'exploitation ajustée à l'industriel.
En ce qui concerne le bilan du groupe, le flux de trésorerie libre a atteint 199 millions d'euros, soit "un niveau légèrement supérieur aux attentes du consensus (de 163 millions d'euros)", ont commenté les analystes d'Oddo BHF. La dette nette s'affiche, elle, à 2,1 milliards d'euros. Stable sur un an, elle aura néanmoins valu à Alstom de voir sa note d'émetteur à long terme dégradée par l'agence de notation Moody's de 'Baa2' à 'Baa3'. Cette dernière a ainsi considéré que le groupe restait trop exposé aux risques d'exécution de contrats déficitaires (hérités de Bombardier Transport) et aux risques macroéconomiques. En revanche, la perspective sur l'industriel a été remontée de 'négative' à 'stable'.
Mais c'est bien sûrement le report des objectifs de moyen terme de l'équipementier qui aura cristallisé la déception des investisseurs. Alors que le groupe visait une marge d'exploitation comprise entre 8 % et 10 % et une conversion du résultat net en flux de trésorerie nette supérieure à 80 % pour 2024/2025, les prévisions ont été remises à 2025/2026. En cause, le nouvel environnement macroéconomique avec lequel l'industriel doit désormais composer et plus particulièrement du fait de l'inflation.
Pour l'exercice à venir, Alstom envisage un ratio de commandes sur chiffre d'affaires supérieur à 1, une croissance des facturations dépassant 5 %, une marge d'exploitation ajustée de 6 % et un flux de trésorerie libre significativement positif. "Un peu vague sur le free cash-flow", souligne Oddo BHF. Les actionnaires seront quant à eux récompensés d'un dividende (stable sur un an) de 25 centimes d'euro par action.
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