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Michelin a tenu bon grâce à la Chine

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Michelin a tenu bon grâce à la Chine

Le fabricant emblématique de pneumatiques a résisté aux vents contraires de la pandémie, soutenu par la reprise successive du marché chinois puis européen au cours de l’année écoulée.
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Le groupe Michelin dévoilait hier soir après clôture de la Bourse ses résultats de l’année 2020. Le fabricant clermontois a démontré sa bonne capacité de résistance au cours d’une pandémie pourtant sans état d’âme pour le secteur manufacturier français, en particulier automobile. Les ventes du groupe, à 20 milliards d’euros, sont en baisse de 15 %. Mais le groupe est malgré tout parvenu à dégager un résultat net positif, de 625 millions d’euros, en repli de 64 % par rapport à l’année précédente. Le résultat opérationnel des secteurs, soit la rentabilité des opérations du groupe, s’est établi à 1,9 milliard d’euros, ce qui représente une marge de 9,2 % des ventes, contre 12,5 % en 2019. Les comptes du deuxième semestre sont largement supérieurs aux attentes des analystes : sur cette période, Michelin a réalisé un résultat opérationnel des secteurs de 1,57 milliard d'euros, supérieur de 20% aux prévisions des analystes, et un flux de trésorerie libre structurel de 2,3 milliards d'euros, dépassant de 40% le consensus.

Du fait de la reprise plus rapide que prévu du secteur automobile et du transport routier au second semestre 2020, le groupe accuse même un "niveau de stock extrêmement bas en fin d’année suite à une reprise durable de la demande" selon son président Florent Menegaux. Ces stocks ont été réduits à 500 millions. Le groupe a l’intention de les reconstruire pour l’année 2021 afin de pouvoir assurer "un meilleur niveau de service".

En 2021, si la tendance à la hausse des ventes du deuxième semestre de l’année 2020 devrait se poursuivre, certains obstacles demeurent : la baisse du trafic du marché aérien qui se traduit par des difficultés d’approvisionnement, ainsi que le confinement strict et l’obligation de mobilité restreinte dans plusieurs pays qui pèsent sur la demande. En outre, le groupe continue de devoir assumer des coûts supplémentaires pour maintenir des équipes dans les usines, même à faible cadence, du fait des "énormes contraintes" auquel il doit se plier. Le dirigeant rajoute que l’isolement du personnel imposé en cas de contaminations provoque des arrêts de la chaîne de production, ce qui continue de perturber leurs activités.

Un autre élément pourrait peser sur ses ventes : l’imposition par les États-Unis de barrières douanières à la Chine. L’anticipation de ces barrières a conduit à une explosion du marché asiatique en dépit de la crise : les ventes de pneus de remplacement en Chine ont augmenté de 6 % au second semestre. Mais Yves Chapot, gérant et directeur financier du groupe, anticipe qu’"une fois que ces barrières auront été mises en place, cet afflux se réduira de manière spectaculaire".

Le groupe conscient de ses obstacles, et sur la base de différents scénarios, délivre néanmoins ses objectifs pour l’année 2021 : une reprise comprise entre 6 et 10 % du marché tourisme-camionnette, entre 4 et 8 % du marché poids lourd, et entre 8 et 12 % des pneus de spécialité, si bien que le spécialiste des pneus indique vouloir dégager un résultat opérationnel des secteurs supérieurs à 2,5 milliards d’euros. Mais cela a un prix. Concernant la France, jusqu’à 2.300 postes pourraient être supprimés d’ici 2024. La majorité des syndicats ont refusé de rentrer en discussion avec le groupe la semaine dernière, souhaitant attendre la publication des résultats de Michelin.

Cohérent avec ces prévisions de croissance, le géant des pneumatiques relève son dividende à 2,30 euros par action, au-dessus des attentes du consensus des analystes. Les versements de dividendes représenteront 47 % du résultat net et 63 % de son résultat net consolidé. Ils seront proposés lors de leur journée investisseur du 8 avril prochain, où le groupe révélera ses objectifs 2023.

 

 

 

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