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Alstom / Bombardier Transport / Henri Poupart-Lafarge / Laurent Martinez / ferroviaire / commandes / book to bill

Alstom lancé à pleine vitesse / Les commandes continuent d’affluer pour le numéro 2 mondial du ferroviaire

Trimestre après trimestre, Alstom engrange les commandes à un rythme désormais supérieur à 5 milliards d’euros en moyenne, notamment porté par une forte demande de services. Le champion français du ferroviaire continue à profiter de tendances de marché qui ne montrent aucun signe de ralentissement. Les objectifs de l’exercice en cours et à moyen terme ont été confirmés.
Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom - Franck CRUSIAUX/REA
Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom - Franck CRUSIAUX/REA

L’industrie ferroviaire continue d’avoir le vent en poupe. Quelques jours après l’annonce par l’allemand Siemens Mobility, le numéro trois mondial du secteur, d’un contrat historique d'une valeur de 3 milliards d'euros pour fournir 1 200 locomotives à la compagnie publique indienne, le champion français Alstom continue lui aussi d’accumuler les commandes.

Le numéro deux du marché depuis le rachat il y a deux ans de son concurrent Bombardier Transport a fait état mercredi de 15,2 milliards d’euros de prises de commandes pour les neuf premiers mois de son exercice à cheval sur 2022 et 2023. Un niveau 6% supérieur à la même période un an plus tôt, atteint grâce un troisième trimestre commercialement très réussi. Ses commandes ont bondi de 13% sur les trois mois d’octobre à décembre, s’élevant à 5,2 milliards d’euros, 17% au-dessus des attentes du consensus des analystes.

 

Forte dynamique dans les services

 

" Nous avons constaté une dynamique commerciale soutenue, marquée par la levée de nouvelles options sur plusieurs contrats-cadres, notamment en Espagne, en Irlande et au Kazakhstan", a expliqué Henri Poupart-Lafarge, le président-directeur général d’Alstom, en commentant ces chiffres. "Cela se produit au moment où l’activité Services enregistre une performance solide, plus particulièrement au Royaume-Uni", a-t-il précisé.

Au Royaume-Uni, à la suite de l'achèvement complet de la ligne Elizabeth à Londres au cours du troisième trimestre et l'acceptation finale des derniers trains, Alstom a réajusté dans ses comptes la prise de commandes en fonction du partenariat et du contrat à long terme signé en 2014 avec Transport for London pour une période de concession contractuelle de 32 ans jusqu'en 2046. La valeur de la commande a ainsi été comptabilisée en Services pour un montant de 1,1 milliard d’euros au cours de ce trimestre.

En tout, "les commandes dans les services ont dépassé de 76% les prévisions du consensus", soulignent les analystes de Jefferies. Parmi les contrats notables remportés par le groupe, la banque d’investissement américaine cite, entre autres, la commande de 370 millions d'euros pour la fourniture de 49 trains Coradia supplémentaires à la Renfe, la compagnie ferroviaire espagnole, ou encore une commande de 160 millions d'euros avec Irish Rail.

En parallèle, le trimestre écoulé a vu d’importantes livraisons de projets qui ont soutenu le chiffre d’affaires. Celui-ci s’est élevé à 4,2 milliards d’euros, en hausse de 8% par rapport aux 3,9 milliards d’euros du troisième trimestre 2021/2022. Outre l’achèvement du projet de la ligne Elizabeth à Londres, Alstom a livré l’extension du système de transport automatisé de personnes de l'aéroport international de Phoenix, aux Etats-Unis, ainsi que l'extension de la ligne 3 du métro d'Athènes.

 

Pas de ralentissement en vue

 

Aucun nuage ne semble se profiler à l’horizon pour la fin de l’exercice ou le début du prochain. " L'environnement de marché reste positif, les clients confirmant leurs plans d'investissement dans toutes les régions", a indiqué Henri Poupart-Lafarge. Il n’y a "aucun signe de ralentissement de notre demande au niveau mondial", a confié pour sa part Laurent Martinez, le directeur financier du groupe, lors d’une conférence avec les analystes. Des perspectives dont la solidité repose notamment sur le fait que "70 % de notre marché est lié au remplacement des flottes existantes ", a-t-il rappelé.

Le groupe a confirmé mercredi ses objectifs pour l'exercice 2022-2023 ainsi que ses perspectives à moyen terme. Pour l’exercice qui s’achèvera fin mars, il vise toujours une marge d'exploitation comprise entre 5,1% et 5,3%, à comparer à 5% en 2021-2022, avec une génération de cash-flow libre dans une fourchette de 100 millions à 300 millions d'euros et un ratio de commandes sur chiffre d'affaires supérieur à 1. Il y a de la marge. Le ratio "book to bill" s’est établi à 1,2 sur le trimestre comme sur neuf mois.

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