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Airbus / Salon du Bourget / commandes / Guillaume Faury
Un salon du Bourget exceptionnel pour Airbus / Derrière les commandes records, les tensions d’approvisionnement persistantes
Le Salon du Bourget qui se déroule cette année du 19 au 25 juin est traditionnellement le théâtre de signatures de contrats. La moisson de cette 54ème édition s’avère d’ailleurs exceptionnelle, les commandes dépassant déjà le millier d’appareils. Sans surprise, Airbus en profite pour confirmer sa domination sur son concurrent américain Boeing dans un contexte de forte demande de nouveaux avions de la part des compagnies aériennes, indiennes en particulier, pour répondre à la reprise du trafic aérien.
Au quatrième jour, Airbus totaliserait ainsi un record de 846 commandes, options et engagements, dont 750 commandes indiennes d'A320 réparties entre les 500 avions commandés par la compagnie à bas coût Indigo et l’achat de 250 appareils par Air India. De son côté, Boeing en est à 356 commandes, activations d'options et autres engagements.
L’évènement a donné aussi l’occasion à l’avionneur européen de faire un point, très attendu, sur son activité, en particulier en ce qui concerne sa chaîne d’approvisionnement, alors que les tensions sur celle-ci lui avaient fait manquer l’an dernier ses objectifs de production. Lors d’un "Business Update", Guillaume Faury le directeur général, le directeur commercial Christian Scherer, et Jürgen Westermeier, le directeur des achats, n’ont cependant pas totalement rassuré.
Goulet d’étranglement potentiel
Pour cette année, Airbus a confirmé viser la livraison de 720 appareils, un objectif qui repose sur des hypothèses d’augmentation des capacités de production. "Nous nous sommes engagés à revenir [en 2024] au taux de production de 65 appareils monocouloirs par mois que nous avions juste avant le Covid, dans un premier temps, puis de passer au taux de 75 d'ici à la fin de 2025", a rappelé Guillaume Faury.
En somme, la normalisation de la chaîne d’approvisionnement reste prévue pour l’année prochaine, la situation en 2023 étant considérée comme stabilisée, mais non franchement améliorée. Sachant que la cause principale est la pénurie de main-d'œuvre. Le recrutement et la formation constituent en effet le principal goulot d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement dans le secteur.
C’est pourquoi "Airbus a anticipé la montée en puissance de sa production en effectuant près de 13 000 recrutements en 2022" avec l’intention d’en faire autant cette année, notent les analystes de Bank of America. Alors que 12 à 18 mois sont nécessaire pour former de nouveaux employés, l'urgence est de recruter dès maintenant.
Pour autant, cette pénurie frappe aussi, voire davantage encore, les sous-traitants, en particulier les motoristes. Les analystes de Deutsche Bank voient d’ailleurs l'approvisionnement en moteurs de l’américain Pratt & Whitney comme un "goulet d'étranglement potentiel pour le second semestre 2023". Si les moteurs concurrents de Safran et General Electric présentent davantage de garanties en termes de livraisons, l'approvisionnement en moteurs pourrait encore "largement conditionner la capacité d'Airbus à atteindre son objectif de livraison de 720 unités en 2023", avertit la banque allemande.
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