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Airbus / Boeing / A320 / Guillaume Faury

Airbus n'a pas fini de monter en cadence

Airbus est parvenu à convaincre ses fournisseurs de suivre la montée en puissance de la production de l’A320, son best-seller. Le renforcement continu du dollar face à l’euro devrait également profiter à l’avionneur.
Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus - Photo by Eric PIERMONT / AFP
Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus - Photo by Eric PIERMONT / AFP

Airbus est en passe de résoudre son problème de riche. Les doutes que l'avionneur puisse adapter le rythme de sa production à celui de ses ventes sont en train de disparaître. Le groupe n'a jamais été aussi puissant commercialement, avec un carnet de commandes de plus de 7000 appareils encore renforcé par une récente grosse commande de 8 milliards de dollars de la compagnie australienne Quantas. Lors de la publication il y a quelques jours de ses très bons résultats du premier trimestre, le premier constructeur aéronautique mondial a annoncé viser une cadence de production par mois de 75 monocouloirs de sa famille best-seller A320 en 2025, avec un objectif intermédiaire de 65 appareils à l’été 2023, à comparer aux 45 appareils par mois produits au quatrième trimestre 2021.

En lui-même, l’objectif de 75 appareils n’est pas nouveau. Airbus évoque depuis un an sa volonté d’atteindre un taux de production à 70 ou 75 appareils par mois à partir de 2024-2025. Le discours des fournisseurs a changé en revanche. Alors qu’ils se montraient jusqu’ici prudents vis-à-vis de la feuille de route du premier avionneur mondial, ceux-ci se montrent désormais réceptifs et n'hésitent plus à communiquer. Olivier Andriès, le directeur général de Safran, a ainsi dévoilé fin avril l’existence d’un accord sur la quantité de moteurs d’avions qu’il fournirait à Airbus pour 2024.

Le dialogue entre Airbus et ses fournisseurs est clé. Les évaluations menées par le groupe auprès d’un grand nombre de ses fournisseurs - et en particulier les plus importants d’entre eux - pour savoir si la cadence de 65 appareils pouvait être dépassée, et quand, s’est avérée constructive. "Le retour que nous avons eu est que c’est possible", a indiqué Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus, lors d’une conférence avec les analystes. Il en ressort qu’ "à partir de cette cadence de 65 appareils, que nous devrions atteindre au milieu de l’année prochaine, l’horizon 2025 donne un délai suffisant pour permettre une montée en puissance à un rythme cohérent avec ce que la chaîne d'approvisionnement sera en mesure de fournir", a expliqué le dirigeant.

Cela n’allait pas forcément de soi. "Il n'est pas dans l'intérêt des fournisseurs de vendre un grand nombre de nouveaux appareils, car la majorité de leurs marges provient du marché de l’après-vente", explique le cabinet de recherche AlphaValue. Au fur et à mesure que les compagnies aériennes remplacent leur flotte actuelle par la nouvelle génération d’appareils, le temps de vols des avions plus anciens diminue, réduisant ainsi les revenus des fournisseurs. Par conséquent, "le fait qu'ils se soient finalement mis d'accord sur ce plan de montée en puissance est très positif pour Airbus", souligne AlphaValue.

On ignore encore à ce stade si Airbus a conclu un accord ferme avec l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement ou si certains fournisseurs doivent encore soutenir le plan de montée en puissance d’Airbus. En attendant de vérifier la solidité de la supply chain, les analystes se laissent un peu de marge dans leurs prévisions, tablant sur une production mensuelle d’un peu moins de 70 appareils A320 en 2025. "Quoi qu'il en soit, cela représente une augmentation significative des perspectives du groupe", souligne Jefferies. Selon les calculs du courtier, le passage à une cadence de 75 appareils produits de la famille A320 implique jusqu'à environ 700 millions d'euros de résultat d’exploitation supplémentaire par rapport au estimations du consensus.

Les résultats du groupe, dont les ventes d’avions sont entièrement libellées en billet vert, pourraient également profiter d’ici là de la poursuite du renforcement du dollar, actuellement au plus haut depuis fin 2016 face à l’euro. La Bourse est confiante en tout cas. La capitalisation boursière d’Airbus a récemment dépassé celle de Boeing pour la première fois.

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