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Pour Airbus, le défi de la remontée en cadence demeure / Les faibles livraisons de gros porteurs menacent le cash-flow à court terme
Airbus a-t-il à nouveau pêché par optimisme sur ses capacités à produire en 2023 ? Les difficultés d’approvisionnement auprès de ses fournisseurs demeurent pour l’avionneur, qui peine à retrouver son rythme de production, ralenti pendant la crise sanitaire.
Le groupe a l’ambition de livrer 720 appareils en 2023, le même objectif qu’il s’était fixé à l’origine pour 2022 avant d’y renoncer. Or, il est déjà en retard sur ses temps de passage de l’année dernière. L’entreprise aéronautique européenne a annoncé mardi avoir livré 127 avions à 54 clients au premier trimestre, moins que les 140 appareils livrés à la même période de l’année dernière.
L’écart tend toutefois à se réduire. De 20 appareils livrés en janvier, la cadence est montée à 46 unités en février, puis 61 en mars. D’ailleurs, les 127 appareils livrés sur le trimestre sont proches d’un objectif de 130 d’appareils que le groupe s’est fixé en interne. Ils dépassent aussi les 125 exemplaires attendus par les analystes de Jefferies.
Il reste que le nombre global des livraisons n’est pas le seul facteur à prendre en compte. La composition des livraisons par type d’appareil peut elle-aussi avoir une influence sur les résultats du groupe. Une analyse détaillée montre qu’Airbus a livré au premier trimestre un total de 116 monocouloirs avec une majorité d’A320neo et A321neo, mais seulement 5 gros porteurs A350, ce qui risque de se traduire par une plus "faible absorption des coûts fixes", prévient Jefferies.
Une deuxième ligne d’assemblage en Chine
D’autre part, Airbus a vu son stock d’avions en attente de pièces, et donc ne pouvant être livrés, augmenter fortement à 73 appareils au premier trimestre 2023, contre 33 appareils un an plus tôt. En conséquence, les coûts de maintenance de ces appareils immobilisés sur le tarmac devraient peser significativement sur le cash-flow libre au premier trimestre. D’après Jefferies, ce flux de trésorerie disponible devrait même "passer en territoire négatif" alors qu’il s’était élevé à 213 millions d’euros un an plus tôt.
Si le rythme de production de l’avionneur comporte son lot d’incertitude à court terme, le groupe continue en tout cas d’organiser sa montée en cadence à plus long terme. A l’occasion de la récente visite du président français Emmanuel Macron en Chine, Airbus a signé un accord prévoyant d’y installer une seconde ligne d’assemblage après celle ouverte en 2008.
La ligne actuelle d’Airbus en Chine produit environ 6 avions par mois et cette nouvelle installation permettra d’augmenter la capacité à 12 avions par mois d’ici à la fin de 2025. Ce qui pourrait permettre à Airbus de bénéficier encore davantage des tensions croissantes entre les Etats-Unis et la Chine, qui pèsent déjà sur les perspectives de commandes du concurrent américain Boeing en Chine.
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