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Airbus cherche à s'affranchir du titane russe
Airbus poursuit sa montée en cadence. La reprise progressive du trafic aérien amorcée en 2021 malgré la poursuite de la pandémie est "une tendance qui se confirme en 2022 jusqu’à présent", a déclaré Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus, à l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires qui se tenait mardi à Amsterdam, aux Pays-Bas.
Le dirigeant, dont le mandat d’administrateur était remis en jeu, a mis en avant les signes d’amélioration de la demande de transport aérien et la meilleure visibilité du géant européen de l’aéronautique qui en découle, et ce malgré le conflit en Ukraine dont les répercussions sont pour l’instant réduites.
Celles-ci se limitent à la suspension des livraisons et les services d’assistance aux clients russes ainsi que la fourniture de pièces détachées dans le pays. Selon les informations du groupe, "quelque 340 avions de ligne Airbus étaient basés auprès d’opérateurs russes y compris des appareils appartenant à des sociétés de leasing avant le début des hostilités", a indiqué Guillaume Faury.
À ce stade, la dynamique commerciale de l’avionneur ne subit pas d’impact du conflit. D’après le dernier décompte mensuel publié en fin de semaine dernière, le groupe a reçu 104 nouvelles commandes d'avions et livré 63 appareils à 38 clients en mars. Depuis le début de l’année, Airbus a livré 140 appareils à 48 clients. Ainsi, ces chiffres traduisent "un impact minime jusqu'à présent du variant Omicron du Covid-19 et de la guerre en Ukraine sur la confiance des clients", notent les analystes de Stifel.
Du fait des sanctions internationales, la guerre a néanmoins empêché deux livraisons enregistrées en décembre 2021 et destinées à la compagnie aérienne russe Aeroflot. Pas de quoi remettre en cause l’accélération programmée des cadences de production. Concernant en particulier la famille best-seller A320, "nous poursuivons notre montée en puissance pour atteindre une production de 65 avions par mois d’ici l’été 2023", a indiqué mardi Guillaume Faury, ajoutant que le groupe étudiait la possibilité d’accélérer le rythme encore davantage.
Un risque important lié au conflit pèse cependant sur la chaîne d’approvisionnement. Airbus surveille de près "les effets directs et indirects de la situation sur l’approvisionnement en titane", métal léger et résistant très utilisé dans l’aéronautique. L’exposition du groupe est importante. La Russie fournit environ 50% des besoins en titane d’Airbus, via la société VSMPO-AVISMA qui en est le premier producteur au monde.
L’avionneur, qui s’approvisionne à la fois directement en Russie et dans d’autres pays, et indirectement par l’intermédiaire de fournisseurs, a rappelé que les risques géopolitiques étaient intégrés dans sa stratégie d’approvisionnement en titane. "Nous sommes protégés à court et à moyen termes", a assuré Guillaume Faury lors de l’assemblée générale, précisant qu’en parallèle, le groupe avait "accéléré [ses] efforts pour sécuriser des sources d’approvisionnement alternatives pour le long terme ". Autrement dit, Airbus a augmenté ses stocks de titane pour faire face à la situation, mais la diversification de ses sources d’approvisionnement en titane constitue un défi majeur.
En attendant, l’avionneur ne souhaite pas d’embargo sur le titane russe. "Cela n’aurait qu’un faible impact sur la Russie mais de grandes conséquences pour d’autres pays et pour l’industrie aéronautique", a prévenu le dirigeant, auquel les actionnaires ont réitéré leur confiance pour piloter l’entreprise dans cette période incertaine. L’assemblée générale a approuvé mardi le renouvellement de son mandat d'administrateur. Guillaume Faury a été ensuite reconduit officiellement dans ses fonctions de président exécutif d'Airbus lors de la réunion du conseil d'administration.
Les actionnaires ont également voté en faveur de la nomination au conseil d’administration d’Irene Rummelhoff, vice-présidente exécutive chargée du marketing, du secteur intermédiaire ("midstream") et du traitement ("processing") au sein du géant norvégien de l’énergie Equinor. Celle-ci apportera au groupe son expérience dans le domaine de la transition énergétique et des énergies renouvelables.
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