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Europe : la géopolitique se réinvite en Bourse
Et voilà que le risque géopolitique refait parler de lui en Bourse. En plus d’être tourmentés par le rythme de normalisation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), les marchés financiers du Vieux continent semblent particulièrement préoccupés par l’évolution des tensions géopolitiques à l’Est. Ce matin, l’Eurostoxx 50 a dévissé de plus de 3 % sur fond de craintes d’une invasion russe en Ukraine tandis que les États-Unis ont décidé de réduire leur présence diplomatique à Kiev.
Il faut dire qu’une invasion ou un durcissement significatif des sanctions économiques à l’encontre de la Russie ne serait pas sans conséquence pour l’économie européenne. Certes, les flux commerciaux non liés à l’énergie entre l’Europe et la Russie sont peu importants en termes de valeur ajoutée (exception faite des pays Baltes et d’autres pays situés à l’Est de l’Europe). La consommation d’énergie notamment d’hydrocarbures des Vingt-sept, elle, est en revanche largement tributaire de la Russie : 40 % des importations de gaz naturel en proviennent, soit 19 % de la consommation totale de gaz de l'Union européenne (UE) et la Russie est le deuxième fournisseur de pétrole (20 % des importations et 16 % de la consommation totale de l'UE).
Au regard de cette dépendance, si des perturbations venaient à frapper l’approvisionnement russe, l’inflation énergétique européenne pourrait être amenée à flamber. "Étant donné qu'il n'existe pas d'autre producteur capable de compenser entièrement la baisse des approvisionnements en gaz de la Russie, les prix du gaz naturel en Europe pourraient vraisemblablement revenir à leur pic de 180 €/MWh, ce qui stimulerait l'inflation dans la zone euro de 1,5 point ", estime Simon MacAdam économiste senior chez Capital Economics qui ajoute que si l'on tient compte de la hausse des prix du pétrole et du charbon, la hausse de l’inflation globale pourrait être plus importante.
Même si les gouvernements pourraient de nouveau mettre la main à la poche pour limiter la répercussion sur les consommateurs, les revenus réels de ces derniers pourraient être sévèrement touchés. "Si l'on ajoute à cela la baisse générale de la confiance économique déclenchée par l'incertitude géopolitique accrue, une telle escalade aurait le potentiel d'entamer gravement la reprise européenne", avance Gilles Moëc , chef économiste du groupe Axa.
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