Macro-économie / Taux / or / Dollar / taux d'intérêt / géopolitique
Macro-économie / Taux
or / Dollar / taux d'intérêt / géopolitique
L’or atteint un plus haut depuis six mois / Les Banques centrales se pressent pour en accumuler
Cet été, la "relique barbare" a un succès certain. Lors du troisième trimestre, la demande d’or s’est élevée à 1 147 tonnes, d’après le Conseil mondial de l’or. Il s’agit d’une baisse de 6 % par rapport au deuxième trimestre 2022, toutefois cet étiage demeure supérieur de 8 % à sa moyenne sur cinq ans.
"La demande d’or a bien résisté tout au long de l’année, face aux vents contraires que sont les taux d’intérêt élevés et la vigueur du dollar américain", souligne Louise Street, analyste senior au Conseil mondial de l’or. En théorie, puisqu’il est libellé en dollars, le métal jaune devrait voir sa demande vaciller lorsque la valeur de billet progresse : rappelons que le dollar a vu son cours, face à un large panier de monnaie, croître de 3 % durant le troisième trimestre.
Par ailleurs, contrairement aux actifs sûrs que sont les obligations d’Etat et avec lesquels il peut apparaître en concurrence étant donné son statut de valeur refuge, l’or ne permet pas la perception d’un coupon. De sorte qu’une remontée des rendements réels (taux d’intérêt versés ajustés de l’inflation) peut également baisser l’attractivité de l’or et donc peser sur la demande. Or, les taux d’intérêt réels américains à 10 ans ont grimpé de plus de 60 points de base durant l’été.
Dans le détail, près de 30 % de la demande d’or a été le fait des Banques centrales lors du troisième trimestre. Jamais sur les neuf premiers mois de l’année, les instituts d’émission n’avaient acheté autant d’or (800 tonnes). La Banque Populaire de Chine (PBoC) a repris le titre de premier acheteur mondial, en augmentant ses réserves d’or de 78 tonnes au cours du trimestre. Depuis le début de l’année, la PBoC a augmenté ses avoirs en or de 181 tonnes, pour atteindre 2 192 tonnes.
Dans une enquête conduite au printemps dernier, le Conseil mondial de l’or a interrogé près de 60 Banques centrales sur leur rapport au métal jaune. Les trois quarts des Banques centrales interrogées jugent "pertinent" ou "plutôt pertinent" la performance de l’or durant les crises comme facteur expliquant sa détention (70 % des sondés jugent qu’il permet de diversifier efficacement son portefeuille).
En outre, il est largement partagé que l’or permet de se couvrir contre l’inflation sur longue période. Si on prend le cas des Etats-Unis, le niveau général des prix à la consommation a été multiplié par sept depuis janvier 1973 quand le prix de l’once d’or a progressé de 2926 %. Par ailleurs, l’absence de risque de défaut auquel le métal jaune est associé est saluée ; en effet, il n’est au passif de personne.
Alors que le cours dépasse aujourd’hui les 2 000 dollars l’once, l’attrait pour l’or ne devrait pas s’essouffler. "À l’avenir, avec la montée des tensions géopolitiques et l’attente de la poursuite des achats massifs des banques centrales, la demande d’or pourrait surprendre à la hausse", soutient Louise Street.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

