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Airbus / A320 / Cadences / Guillaume Faury

Pas de miracle de Noël pour Airbus / Les moindres livraisons ne pénaliseront cependant pas les résultats 2022

Airbus va manquer de peu son objectif de livraisons d’avions en 2022, ce qui n’affectera toutefois pas ses résultats. Face à un environnement complexe qui dure plus longtemps que prévu, et qui pénalise ses approvisionnements, l’avionneur décale le rythme de la montée en cadence de son best-seller, l’A320.
Aéroport de Toulouse Blagnac,  Usine de construction et d'assemblage AIRBUS - Laurent GRANDGUILLOT/REA
Aéroport de Toulouse Blagnac, Usine de construction et d'assemblage AIRBUS - Laurent GRANDGUILLOT/REA

La barre était trop haute, mais est-ce vraiment une surprise ? Airbus a finalement renoncé à livrer 700 appareils cette année. Cet objectif, qui avait déjà été abaissé au cours de l’été, est désormais "hors de portée", a averti mardi l’avionneur toulousain. En indiquant fin octobre qu’il maintenait ses prévisions de livraisons "autour de 700 avions commerciaux", le groupe dirigé par Guillaume Faury ne trompait déjà personne sur le caractère devenu progressivement irréaliste de sa prévision. Le défi du rattrapage de production était immense compte tenu des effets cumulés sur la chaîne d’approvisionnement de la pandémie de Covid-19, de la guerre en Ukraine, de la crise énergétique et des tensions pesant sur le marché de l'emploi.

Après les 437 unités livrées sur les neuf premiers mois de l’année, Airbus devait impérativement livrer 263 appareils au moins au quatrième trimestre, soit 88 jets en moyenne par mois. La montée en cadence a bien eu lieu, mais pas à ce point. De 55 appareils livrés en septembre, les livraisons sont montées à 60 unités en octobre, et Airbus a fait état mardi soir de 68 livraisons d’appareils en novembre, portant le total à 565 unités depuis le début de l’année. Le géant européen de l’aéronautique s’est donc rendu à l’évidence : livrer 135 appareils en décembre était impossible.

In fine, les livraisons d’Airbus devraient s’établir autour de 680 appareils cette année, car le groupe "n'aurait pas publié de communiqué pour un décalage moins important", estiment les analystes de JP Morgan.

Le discours évolue également s’agissant de la vitesse de la montée en cadence de production de la gamme de mono couloirs A320 (A318-319-320-321), la plus vendue. Cette vitesse de progression vers la cible de 65 appareils "sera ajustée" pour 2023 et 2024, le groupe confirmant dans le même temps l’objectif d'une cadence de 75 appareils "au milieu de la décennie". Des indications dont le manque de précision oblige néanmoins à lire entre les lignes. Alors que fin octobre, le groupe s’estimait encore "en bonne voie pour atteindre une cadence de production de 65 avions par mois début 2024 et de 75 en 2025", il faut comprendre que les choses iront sans doute un peu moins vite.

L’objectif de production de 65 appareils de la famille A320 ne devrait donc plus être atteint au début de 2024, mais un peu plus tard, sans doute en 2024 bien qu’Airbus ne soit pas en mesure de préciser quand exactement. Quant à l’objectif de 75 appareils, la formulation "d'ici le milieu de la décennie" est aux yeux des analystes de JP Morgan "plus souple" que l’horizon "2025" précédemment indiqué, ce qui les amène à penser qu’ "il y a là aussi un certain glissement"

La remontée de l'activité d'Airbus face à la reprise du marché aérien se heurte aux difficultés de ses fournisseurs, notamment de ses motoristes. En particulier, la coentreprise CFM International, détenue à 50/50 par le français Safran et l’américain General Electric, qui produit les moteurs les plus vendus au monde pour les moyen-courriers de Boeing et Airbus, peine toujours à livrer ses clients dans les temps.

Une satisfaction néanmoins, en dépit de la baisse des livraisons d'avions, Airbus prévoit toujours d'atteindre ses objectifs financiers pour 2022, à savoir un résultat opérationnel ajusté de 5,5 milliards d'euros et un flux de trésorerie de 4,5 milliards d'euros. "Nous pensons que cela est dû à une rentabilité meilleure que prévue de ses best-sellers A320neo et à des gros porteurs plus nombreux et plus chers dans le mix, ce qui a entraîné une plus grande absorption des coûts fixes", explique un analyste. De quoi limiter la déception en Bourse. L'action Airbus cédait mercredi un peu plus de 2% à 108,5 euros en fin d'après-midi.

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