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Entreprises / Actions / Airbus / capital market day / Guillaume Faury / Pratt & Whitney

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Airbus / capital market day / Guillaume Faury / Pratt & Whitney

Airbus maintient le cap sur les cadences

Airbus a confirmé ses objectifs de production de monocouloirs d’ici à 2025, tandis que le risque de récession mondiale ne devrait pas perturber le retour du trafic à ses niveaux pré-pandémiques.
Guillaume Faury, le directeur général d'Airbus - Lydie LECARPENTIER/REA
Guillaume Faury, le directeur général d'Airbus - Lydie LECARPENTIER/REA

Airbus maintient sa trajectoire. Malgré la probable récession mondiale qui se profile en 2023, la remontée de ses cadences de production se fera au rythme prévu, quitte à bousculer quelque peu ses fournisseurs, en particulier ses motoristes et leur chaîne d’approvisionnement. L’avionneur européen, qui organisait vendredi à Toulouse, la capitale européenne de l’aéronautique où se trouve son siège, sa première vraie journée dédiée aux investisseurs (ou capital market day) depuis 2016, se devait de rassurer.

Le départ surprise du directeur financier annoncé fin août, puis la remise en cause implicite par le groupe de défense américain Raytheon de l’objectif de production pour l'A320 de 75 appareils par mois d'ici 2025, avait semé un certain trouble. Raytheon est la société mère de Pratt & Whitney, l’un des deux motoristes de l’A320. Son patron, Greg Hayes, a estimé mi-septembre lors d’une conférence organisée par Morgan Stanley que viser 65 avions était sans doute plus réaliste.

 

"Ce sera difficile"

 

Guillaume Faury, le directeur général d’Airbus, a jugé vendredi que les commentaires de celui-ci n’étaient "pas très constructifs", et "pas cohérents" non plus avec la teneur de leurs dernières discussions. Ce qui peut s’expliquer par le fait que ces discussions sur les volumes de production de 2025 viennent tout juste de débuter avec les motoristes. S’agissant de Pratt & Whitney, "ils ne reviennent pas sur la volonté d'y arriver", a assuré Guillaume Faury. "Ce qu'ils disent, c'est que ce sera difficile. Et nous le savons", a-t-il ajouté.

Augmenter de 50% la cadence de production d’appareils monocouloirs de 50 par mois à 75 ne peut se faire du jour au lendemain pour les motoristes dont la chaîne d’approvisionnement est très lourde. C’est ce temps de latence qui explique d’ailleurs qu’Airbus ait repoussé fin juillet à début 2024 un objectif intermédiaire de 65 avions initialement fixé à l'été 2023. Cet objectif a en tout cas été confirmé vendredi, de même que celui de livrer 700 appareils en 2022, ce qui constitue à n’en pas douter un défi alors que l’avionneur avait livré 382 appareils à fin août. Un optimisme qui s’appuie sur des signes récents d’amélioration de la supply chain. Le nombre des appareils construits mais dans l’attente de moteurs est passé de 26 en juillet à moins de 10 en août, a notamment indiqué le groupe.

Bien sûr, tandis qu'Airbus est occupé à faire remonter ses cadences de productions, la détérioration de l’environnement macroéconomique pourrait faire craindre une rechute du cycle de commandes. Sur ce point, la gigantesque commande reçue en juillet de la part de quatre compagnies chinoises pour un total de 292 A320 monocouloirs, ainsi que celle exercée ce mois-ci par la compagnie hongroise Wizz Air pour 75 appareils, ont envoyé un signal rassurant. Un dynamisme commercial logiquement lié à la poursuite de la reprise du trafic.

 

Le trafic de 2019 pourrait être dépassé en 2024

 

Guillaume Faury ne s’est pas beaucoup mouillé vendredi en indiquant que le trafic aérien devrait retrouver ses niveaux de 2019 "entre 2023 et 2025". Si l’on se souvient des scénarios présentés l’année dernière par le groupe, le trafic aérien pourrait retrouver ses niveaux de 2019 entre le premier trimestre 2023 dans le cas d’une reprise précoce, et le troisième trimestre 2024 dans l’hypothèse d’une reprise tardive. Alors que le trafic aérien a atteint 75% des niveaux de 2019 en juillet 2022 selon l'Association du transport aérien international (IATA), "cela pourrait indiquer que le retour sur ces niveaux pourrait s’opérer à la fin de 2023", estime le courtier Jefferies.

A condition que la récession mondiale qui pourrait survenir l’an prochain ne déborde pas sur 2024, voire 2025, elle ne devrait donc pas beaucoup affecter le cycle des commandes. Les compagnies aériennes se projettent largement au-delà de 2023 pour planifier leur flotte, alors que les créneaux de livraison d'A320 sont rares avant 2027. Elles peuvent aussi avoir intérêt à s’engager rapidement pour profiter des niveaux de prix actuels dans un environnement inflationniste.

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