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Entreprises / Actions / Airbus / Guillaume Faury / commandes / Boeing / livraisons / Cadence de production

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Airbus / Guillaume Faury / commandes / Boeing / livraisons / Cadence de production

Airbus a encore écrasé son concurrent Boeing en 2022 / Mais la montée en cadence de sa production reste un enjeu

Airbus domine toujours Boeing sur le front des commandes et des livraisons d’appareils. Après avoir pêché par excès d’optimisme en 2022 au sujet de la montée en cadence de sa production, le géant aéronautique européen pourrait revenir à un plus grand réalisme en 2023, sans que cela remette en cause sa capacité à terme à honorer un carnet de commandes pléthorique dans un marché porté par la réouverture en Chine.
Guillaume Faury, PDG d'Airbus - Lydie LECARPENTIER/REA
Guillaume Faury, PDG d'Airbus - Lydie LECARPENTIER/REA

Pour la quatrième année consécutive, la bataille des livraisons d’appareils entre Airbus et Boeing a tourné en 2022 à l’avantage du géant européen de l’aéronautique. Le groupe dirigé par Guillaume Faury a livré un total brut de 663 appareils en 2022, a-t-il annoncé mardi, conservant ainsi son titre de premier constructeur d'avions au monde, quand son concurrent américain a livré 480 avions. Une large domination qui dure depuis 2018 lorsque les ventes de l’avionneur états-unien s’étaient effondrées à la suite de deux accidents dramatiques de son monocouloir 737 MAX en provoquant une kyrielle d’annulations de commandes.

L’écart des livraisons entre les deux mastodontes se réduit cependant, passé d’un pic de 409 appareils en 2020, à 271 en 2021 puis 183 l’an dernier. Un resserrement progressif qui doit beaucoup aux efforts de Boeing pour relancer sa production de son avion-phare, mais aussi aux difficultés rencontrées par Airbus pour accélérer davantage une cadence de production limitée par des facteurs exogènes. "Nous sommes clairement en dessous de nos objectifs, mais au vu de la complexité de notre environnement opérationnel, je tiens à remercier nos équipes et nos partenaires pour les efforts fournis et le résultat atteint ", a déclaré Guillaume Faury, président exécutif d’Airbus.

Le fait est que la chaîne d’approvisionnement demeure fragile en raison des effets cumulés de la pandémie de Covid-19, de la guerre déclenchée par la Russie à l’Ukraine, de la crise énergétique auxquels s’ajoutent des tensions sur le marché de l’emploi. L’entreprise, qui a longtemps cru pouvoir atteindre son objectif de livrer 700 appareils cette année, avait fini par admettre le mois dernier que celui-ci était finalement hors d’atteinte. Non sans préciser que son total de livraisons "ne devrait pas être sensiblement inférieur à l'objectif", pêchant visiblement une nouvelle fois par excès d’optimisme.

 

Forte demande sous-jacente

 

Les 661 appareils livrés – sans tenir compte de deux avions destinés à Aeroflot visés par les sanctions occidentales contre la Russie – s’avèrent en effet sensiblement inférieurs aux attentes des analystes. "Il est très clair que les objectifs de production d'avions qu'elle a publiés en mai 2022 étaient beaucoup trop ambitieux, compte tenu des énormes contraintes qui pèsent sur elle", note ainsi JP Morgan. Le consensus FactSet anticipait la livraison de 688 appareils. Au cours du seul mois de décembre, Airbus a livré 98 avions, bien plus que les 55 appareils livrés en moyenne depuis janvier mais nettement en deçà des 118 appareils anticipés par le consensus Visible Alpha.

Sur le plan commercial, Airbus a enregistré 1078 commandes brutes et 820 commandes nettes l’an passé - contre 935 commandes et 774 commandes nettes à son rival -, portant son carnet de commandes à 7 239 appareils à fin décembre. Mais les 16 nouvelles commandes brutes reçues de la part de trois clients en décembre apparaissent "légèrement faibles pour un mois généralement fort sur le plan saisonnier", remarquent de leur côté les analystes du courtier Stifel.

Pour autant, les investisseurs semblent sereins. Le cours de Bourse d’Airbus a enregistré mercredi une baisse limitée de 1%. A court terme, les prévisions de l’année 2023 qui seront dévoilées lors de la publication des comptes annuels le 16 février pourraient montrer davantage de prudence ou un plus grand réalisme que précédemment. A plus long terme cependant, "la demande sous-jacente reste forte, aidée par la réouverture en Chine et la détermination des compagnies aériennes occidentales à restaurer leur capacité pré-Covid", souligne Stifel. Et le groupe a confirmé mardi qu'il comptait atteindre un rythme de production de 65 monocouloirs A320 par mois pour 2023-2024, puis de 75 unités par mois "au milieu de la décennie".

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