Asset, Management / APE / TechnipFMC / Renault / Airbus
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APE / TechnipFMC / Renault / Airbus
Y a-t-il un pilote à la tête de l’APE ?
N’allez surtout pas sur le site internet de l’Agence des Participations de l’État. Car au chapitre "Qui sommes-nous ?" vous lirez cela dans les missions de ce bras armé de l’État dans l’économie : "Notre engagement : Assurer le suivi des participations, avec le souci permanent de la valorisation dans la durée du patrimoine des Français. En actionnaire de référence, patient mais exigeant, et en administrateur responsable, accompagner les entreprises dans leur développement, en veillant à la cohérence de leur stratégie, à la qualité de la gouvernance et au respect des meilleures pratiques en matière de responsabilité sociale et environnementale."
Le fonctionnaire qui a rédigé ce texte avait beaucoup d’humour ou bien il ignorait qu’à la tête de l’Agence de Participations de l’État on placerait des personnalités incompétentes pour "veiller à la qualité de la gouvernance" de ces entreprises qui appartiennent à tous les Français et qui doivent donc être encore plus exemplaires que les autres.
Or que constate-t-on ? Que depuis le début de l’année, le capitalisme français est ébranlé par trois scandales majeurs. Le premier, c’est évidemment l’affaire Renault-Nissan. Les Japonais ont égrainé en novembre et en décembre derniers tous les abus de confiance pratiqués chez Nissan par Carlos Ghosn. Mais un audit a aussi été commandité chez Renault et au sein de l’alliance Renault-Nissan basée à Amsterdam, dont nous avons donné hier les premiers éléments. À savoir le versement à un ami de Carlos Ghosn situé à Oman de millions d’euros sans justification précise, et en plus du jet privé du groupe l’existence de trois autres jets logés au sein de l’Alliance. Ce qui fait beaucoup pour un seul homme. Pas une seule entreprise au monde n’est dispendieuse au point d’utiliser quatre avions privés et d’en payer l’entretien. Mais Martin Vial, le patron de l’APE, qui siège au conseil de Renault, comme Thomas Courbe l’autre actionnaire représentant l’État l’ont appris par la presse.
C’est aussi par la presse que l’Agence des Participations de l’État et BPI France, actionnaires historiques de Technip ont appris que Thierry Pilenko, le patron du groupe, désormais passé sous pavillon américain s’apprêtait à partir en retraite dans un mois avec 15,3 millions d’euros mais en laissant 1,9 milliard de pertes. Il fut un temps où l’État avait contraint Pierre Bilger, l’ex patron d’Alstom à rendre son parachute doré pour éviter de partir les poches pleines en laissant son entreprise les caisses vides. Et depuis que cela a été révélé rien n’a été fait par l’État pour priver Thierry Pilenko de ses avantages indus. L’APE est trop occupée à préparer la privatisation d’ADP et de la Française des jeux.
On croyait avoir tout vu. Eh bien non. Ce matin grâce à Proxinvest on a appris, et peut-être l’APE aussi, que Tom Enders, l’homme qui a réussi à faire partir d’Airbus tous ses dirigeants de qualité et à placer l’entreprise dans le viseur de la justice américaine pour des affaires de corruption, s’apprêtait à partir avec un parachute doré de 36,8 millions d’euros. Rappelons que l’Agence des Participations de l’État est l’un des principaux actionnaires de l’avionneur avec 11,06 %. Mais là encore, pas de son et pas d’image en provenance de Bercy.
Ce qui est formidable avec l’Agence des Participations de l’État, c’est qu’elle ne se soucie même pas de regarder si les principes édictés par l’État lui-même sont respectés au sein des entreprises qu’elle doit surveiller, par égard pour les Français et plus encore pour les contribuables. Cette Agence qui pourrait avoir un vrai rôle stratégique au sein du capitalisme français comme le KFW allemand, où qui pourrait montrer l’exemple aux entreprises privées est devenue un anti-modèle. Par la faute de dirigeants incompétents.
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