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Bolloré / Vivendi / logistique / transport

Bolloré a le choix du roi

A la vue de son premier trimestre et grâce à la cession de ses actifs africains et à sa participation dans UMG, le groupe de Vincent Bolloré pourra sans difficulté se renforcer dans ses activités logistiques et prendre le contrôle total de Vivendi. L’ancienne PME quimpéroise pourrait changer de visage en 2022.

La conjoncture a eu un effet exceptionnel sur l’activité du groupe Bolloré. L’engorgement logistique consécutif à la pandémie et la flambée des prix du pétrole dans le contexte de reprise économique et de la guerre en Ukraine ont provoqué l’envolée des recettes du conglomérat au premier trimestre. Plus précisément dans les pôles Transport et logistique et Logistique pétrolière.

Transport et logistique a en effet enregistré une hausse organique de 47% de son chiffre d’affaires, qui a atteint 2,36 milliards d’euros. "La hausse des taux de fret et des volumes dans l'aérien en commission de transport, la bonne performance des concessions portuaires et la poursuite de la reprise des activités logistiques en Afrique" a bénéficié aux divisions Bolloré Logistics et Bolloré Africa Logistics, indique le groupe de Vincent Bolloré. "La hausse des prix des produits pétroliers, dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine" a alimenté le pôle de logistique pétrolière Bolloré Energy, dont les revenus ont bondi de 52% à 848 millions d’euros.

Le pôle Stockage d’électricité et systèmes, qui regroupe Blue Solutions et Blue Systems, profite de la transition énergétique et l’engouement pour l’électrification des transports : son chiffre d’affaires a progressé de 44% à 112 millions d’euros, grâce à l’augmentation de ses ventes de bus 100% électriques et de films plastiques pour condensateurs.

Le pôle Communication (le plus connu puisqu’il loge les 27% de participation de Bolloré dans Vivendi) affiche, lui, une croissance de 8% à 2,4 milliards d’euros, grâce à la bonne activité de Canal+ et du groupe de publicité et de communication Havas.

Au total, le chiffre d’affaires du groupe Bolloré a progressé de 33% au premier trimestre (28% à périmètre et change constants) à 5,7 milliards d’euros.

Face à cette photo – très positive – du passé, le conglomérat va considérablement évoluer au cours de l’année. En effet, ces sept derniers mois, il a accumulé un impressionnant trésor de guerre d’une douzaine de milliards d’euros. Bolloré Africa Logistics, qui regroupe les actifs africains (terminaux portuaires, logistique et manutention) et a réalisé 627 millions d’euros de chiffre d’affaires au premier trimestre (+16%), est en cours de cession à l’armateur italo-suisse MSC pour un très bon prix de 5,7 milliards d’euros ; l’opération doit être bouclée d’ici à la fin du premier trimestre 2023. Bolloré a également hérité de 18% du capital d’Universal Music Group (UMG) suite à la cotation de la maison de disques par sa maison-mère Vivendi en septembre dernier – une participation valorisée à près de 7,6 milliards d’euros actuellement.

Qui plus est, Bolloré devrait continuer à accumuler du résultat tout au long de l’exercice 2022. En effet, plusieurs transporteurs évoquent des pénuries, provoquées par le niveau important de demande suite aux confinements et par une réduction de l’offre consécutive au déficit de conteneurs et plusieurs congestions qui se sont cumulées depuis plus d’un an (fermeture du canal de Suez, fermetures de terminaux pour raisons sanitaires et grèves), comme le rappelle Oddo BHF. De quoi maintenir les prix à des niveaux élevés pour de longs mois.

Avec un tel trésor de guerre réalisé ou latent, Bolloré a l’embarras du choix. Le plus évident, parce qu’il l’a lui-même indiqué à la suite de l’accord sur la vente de ses actifs africains, sera pour le groupe de poursuivre son développement dans le transport, secteur où la taille compte – Bolloré Logistics revendique par exemple un réseau de 600 agences et des hubs logistiques dans une centaine de pays.

Mais il dispose d’une trésorerie largement suffisante pour mener de front tous les développements stratégiques qui lui siéent. On ne peut s’empêcher de penser à Vivendi, dont l’homme d’affaires breton contrôle actuellement 29,5% du capital, en tenant compte de la participation de la Compagnie de l’Odet (l’une des nombreuses sociétés holding composant sa galaxie). Le mouvement sera financièrement opportun : Vivendi souffre d’une part d’une décote de holding étant donné ses nombreuses participations (Canal+, Havas, Editis, Telecom Italia, bientôt Lagardère…), d’autre part sa valeur a mécaniquement reculé après la sortie d’UMG – la valeur des 70% que Bolloré ne détient pas représente 9,1 milliards d’euros, montant auquel il faut ajouter une prime de contrôle.

Mais le talent financier bien connu de Vincent Bolloré fait en sorte que débourser une telle somme ne serait pas nécessaire. En effet, les actionnaires de Vivendi ont approuvé aujourd’hui en assemblée générale une résolution l’autorisant à racheter jusqu’à la moitié de son capital (à travers une Offre publique de rachat d’actions – Opra). Elle signifie que le groupe de médias, d’édition et de télécoms pourra racheter la moitié de son capital, pour l’annuler : la part de Bolloré passerait ainsi automatiquement de 30% à 60% sans que celui-ci ait à débourser un centime. Bolloré n’aurait plus qu’à lancer une OPA sur les 40% restant, ce qui reviendrait à 5,2 milliards d’euros, avec une prime probablement moindre.

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