Environnement / Caisse des dépots / Planification écologique / transition énergétique / transport / Immobilier
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Caisse des dépots / Planification écologique / transition énergétique / transport / Immobilier
Transition énergétique : la Caisse des Dépôts est prête à déployer 100 milliards d’euros / Un accent particulier sur l’immobilier, les transports et les énergies renouvelables
L’ambition du président de la République est claire. Présentée lundi dernier à l’occasion du Conseil de planification écologique, la feuille de route de l’exécutif vise une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 par rapport à 1990. Objectif : faire émerger "une écologie à la française". Parmi les engagements pris l’on retrouve : le déblocage de 700 millions d’euros pour les infrastructures ferroviaires, le développement d’une filière française de production de pompes à chaleur avec un objectif d’un million de pompes à chaleur produites en France d’ici à 2027, et la décarbonation des modes de production de l’industrie.
Soutenir les ambitions gouvernementales
C’est dans ce contexte que le groupe la Caisse des Dépôts, dirigé par Eric Lombard, vient lui aussi d’annoncer le lancement de sa nouvelle feuille de route de 100 milliards d’euros sur la période 2024-2028. Un plan destiné à financer la transformation écologique du pays et en ligne avec les objectifs fixés par le gouvernement : "La logique de cet engagement est d’apporter une contribution à l’atteinte des objectifs nationaux en matière de transformation écologique tels qu’ils ont été définis dans un premier temps dans la stratégie nationale bas carbone de 2020 et désormais dans le cadre de "France Nation verte" du gouvernement. Notre ambition est de venir en appui des politiques publiques en travaillant de concert avec le secrétariat général à la planification écologique piloté par Antoine Pellion ", explique Nathalie Lhayani, directrice de la politique durable du groupe Caisse des Dépôts, dans un entretien accordé à WanSquare.
Déjà près de 60 milliards d’euros engagés
Ce n’est pas la première fois que "la Caisse" s’intéresse à cette thématique. Elle est même engagée dans le financement de la transition énergétique depuis la Cop 21 de 2015. A l’époque, le groupe avait pris l’engagement de mobiliser dès 2020 60 milliards d’euros de financements en faveur de la transformation écologique sur quatre ans. Un engagement qui concernait l’ensemble des entités de la Caisse des Dépôts, à savoir Bpifrance, la Banque des Territoires, la gestion d’actifs de la Caisse mais aussi La Banque Postale, et sa filiale CNP Assurances et SFIL (la banque publique des collectivités territoriales). "L’année dernière, nous avons fait un bilan de nos financements en la matière et nous nous sommes rendu compte que sur les trois dernières années (2022, 2021, 2020), nous avions déjà mobilisé 53 milliards d’euros sous forme de prêts et d’investissements. En 2022, nous avions donc pratiquement atteint notre cible de 60 milliards d’euros qui devait à l’origine couvrir une période de 5 ans", rappelle la directrice de la politique durable.
Contribuer à la transformation des secteurs les plus émetteurs
Par cette nouvelle enveloppe de 100 milliards, définie selon les prévisions d’actions de chaque entité du groupe et dont 85 milliards seront dédiés au territoire national et 15 milliards destinés au soutien à l’export dans le domaine de la transformation écologique, "la Caisse" entend donc suivre les axes prioritaires définis par l’État en mettant l’accent notamment sur trois secteurs. Celui de l’immobilier, l’un des plus émetteurs en GES, concentrera environ 30 % de l’enveloppe. "Ils seront utiles à la rénovation énergétique des logements sociaux mais aussi de l’ensemble des bâtiments publics, à la construction neuve à haute performance environnementale", détaille Nathalie Lhayani.
Par ailleurs, environ 7 % seront consacrés au secteur des transports. "Nous allons financer encore plus d’installations de bornes de recharge pour véhicules électriques sur l’ensemble du territoire, de construction de tramways, d’infrastructures ferroviaires pour favoriser les transports en commun (le président de la République a promis le lancement de 13 chantiers de RER métropolitains, ndlr)", poursuit-elle.
En outre, 20 % des financements iront aux énergies renouvelables et la décarbonation de l’industrie. Pour rappel, dans son nouveau plan stratégique dévoilé en janvier dernier, Bpifrance, dirigée par Nicolas Dufourcq, prévoit de soutenir la décarbonation de 20 000 PME et ETI. "L’enjeu est de permettre à toutes les entreprises qui en font la demande de faire de diagnostics de consommation d’énergie et de ressources naturelles et de pouvoir au travers des outils mis à disposition par Bpifrance de les accompagner dans leur transformation", souligne la directrice.
D’un point de vue pratique, les deux-tiers de l’enveloppe de 100 milliards d’euros seront répartis entre Bpifrance et la Banque des Territoires. Mais la Caisse compte aussi sur son activité de gestion d’actifs notamment via l’achat d’obligations vertes mais aussi via tous les financements qui vont être débloqués par CNP Assurances et ceux mis à disposition par la SFIL pour mener à bien sa mission.
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