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Evenements / Rencontres économiques d'Aix-en-Provence / transition énergétique / Planification écologique / Veolia / Meridiam / EDF / Airbus

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Rencontres économiques d'Aix-en-Provence / transition énergétique / Planification écologique / Veolia / Meridiam / EDF / Airbus

Rencontres économiques d’Aix-en-Provence / Planification écologique : quand les pouvoirs publics français et européens en prennent pour leur grade

Réagissant à l’actualité politique française comme européenne, les dirigeants de Veolia, Meridiam, Airbus et EDF n’ont pas hésité à dresser un portrait pour le moins critique des pouvoirs publics, et notamment sur leur fâcheuse tendance à imposer une réglementation environnementale punitive plutôt qu'encourageante. Ils n’ont d’ailleurs pas manqué de souligner les grandes différences d’exécution des ambitions entre le Vieux continent et les Etats-Unis.
Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, Thierry Déau, président-directeur général de Méridiam, e patron d’Airbus, Guillaume Faury et Luc Rémont, président-directeur général d'EDF (DR)
Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, Thierry Déau, président-directeur général de Méridiam, e patron d’Airbus, Guillaume Faury et Luc Rémont, président-directeur général d'EDF (DR)

Tous les intervenants des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence avaient jusqu’alors choisi de se montrer discrets sur l’actualité politique. Le débat sur "la planification écologique, mirage économique", qui s’est tenu ce samedi, fut l’occasion de l’aborder, et pour le panel invité à s’exprimer, de se montrer critique. "Pendant les élections européennes ou législatives en France, on n’a plus entendu parler d’écologie. Pourtant, je suis convaincue que les populations demandent d’agir, d’agir maintenant et d’agir vite ", a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia.

La dirigeante en a pris pour preuve un récent baromètre, réalisé par son groupe dans 36 pays. "Il en résulte que les deux tiers de la population mondiale ont compris que le coût de l’inaction serait plus important que celui de l’action. L’offre politique qui consiste à opposer la fin du monde à la fin du mois ne tient pas. Nos concitoyens ont envie de plus, pas de moins", a-t-elle insisté.

Pour Thierry Déau, président-directeur général de Meridiam, les résultats du vote du premier tour des élections législatives anticipées s’expliquent. " La transition énergétique, pour ceux qui ont voté dans les extrêmes, est vécue comme une punition. L’on demande des sacrifices sans expliquer les bénéfices. Or, le discours de politique publique est le cœur du réacteur ", a-t-il estimé, ajoutant que "quel que soit le résultat du vote de ce dimanche, il va falloir se poser la question de comment continuer à financer la transition énergétique et de l’équation budgétaire de l’Etat pour continuer à la soutenir ".

Et le patron d’Airbus, Guillaume Faury, de donner un exemple concret de ce sentiment de contrainte écologique : "en France, une loi a été votée pour interdire l’utilisation de l’avion pour les trajets pour lesquels il existe un train à moins de 2 heures. On ne peut pas faire plus punitif pour les industriels. En plus, cela ne marche pas. Pourquoi ? Parce que le trafic aérien double tous les 15 ans depuis la fin de la seconde guerre mondiale, parce que l’aviation est le moyen de transport le plus rapide sur la planète et le plus sûr", a-t-il souligné, rappelant au passage qu’il s’agissait aussi d’un moyen de plus en plus démocratisé, "les compagnies low-cost se faisant agresser par les pouvoirs publics parce que leurs billets d’avion ne sont pas assez chers ".

Mais alors que les politiques ne cessent de vouloir contraindre la population à ne plus prendre l’avion, celui-ci serait au contraire, selon Guillaume Faury, une solution magique s’agissant de la protection de la planète : "C’est le seul moyen de transport qui n’a pas besoin d’infrastructures au sol endommageant un écosystème puisqu’il utilise l’air", a fait constater le patron d’Airbus.

Dans le viseur des panélistes également : la lenteur d’exécution au niveau européen. "Certes l’Europe normative a des avantages mais il existe un sujet de rythme ", a fait observer Estelle Brachlianoff, comparant le Vieux continent aux Etats-Unis. "Là où les Américains sont très bons, c’est sur la rapidité de réalisation. Le Green Deal européen a été lancé il y a 4 ans, et pourtant 60 % de l’argent n’est toujours pas dépensé. Outre-Atlantique, l’Inflation Reduction Act a été voté il y a deux ans et l’enveloppe de dépenses prévues a été entièrement versée. Il faudrait donc que l’Europe travaille à la qualité de l’exécution et pas juste sur l’ambition environnementale ", a suggéré la directrice générale de Veolia. Un avis partagé par le patron de Meridiam qui a quant à lui fustigé la bureaucratie européenne et son obsession de la concurrence. "La Commission européenne a une tendance à infuser un ralentissement à tout process assez extraordinaire ", a-t-il déploré.

Et les intervenants de formuler leurs attentes. "Il nous faut une politique publique capable d’influencer les modèles économiques et qui donne de la visibilité, de la constance, comme par exemple sur les véhicules thermiques (l’interdiction des voitures thermiques en 2035 au niveau européen pourrait dit-on être remise en cause par la nouvelle majorité parlementaire à Bruxelles, ndlr)", a évoqué Thierry Déau.

En attendant, les industriels agissent. "Il existe une autre voie pour une écologie qui protège à la fois la santé et le pouvoir d’achat : les solutions des entreprises qui ont un rôle majeur à jouer pour répondre aux demandes de la population ", a certifié Estelle Brachlianoff. Un rôle que compte bien endosser EDF. "Notre politique commerciale offre de la visibilité pour accompagner la décarbonation de nos clients. Et cela fonctionne : nous avons signé plusieurs milliers de contrats à horizon 2029 ", a affirmé le président-directeur général, Luc Rémont, assurant que son groupe était prêt pour l’électrification des usages. "Ceux qui font le choix de l’électrique, nous les accompagnerons à un prix compétitif. L’accompagnement et l’apport de solutions sont le premier axe stratégique d’EDF ", a-t-il conclu.

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