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Macro-économie / Taux / Rencontres économiques d'Aix-en-Provence

Macro-économie / Taux
Rencontres économiques d'Aix-en-Provence

Rencontres économiques d’Aix-en-Provence / Diversification et innovation appelées à la rescousse face à la raréfaction des ressources

Se situant à la croisée des problématiques économiques et géopolitiques, la raréfaction des ressources a fait l’objet d’un débat aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Face à cet enjeu, les panélistes ont avancé que la clé était notamment de produire de manière plus efficace grâce à l’innovation et de diversifier les approvisionnements en intrants.
Isabelle Méjean, membre du Cercle des économistes, Ludovic Subran, chef économiste du groupe Allianz, Tiza Mafira, directrice du Climate Policy Initiative et Pierre Pauliac, vice-président exécutif et directeur de la division "Eau" de Suez - DR
Isabelle Méjean, membre du Cercle des économistes, Ludovic Subran, chef économiste du groupe Allianz, Tiza Mafira, directrice du Climate Policy Initiative et Pierre Pauliac, vice-président exécutif et directeur de la division "Eau" de Suez - DR

Comment affronter la raréfaction des ressources ? Un enjeu vaste qui a fait l’objet d’un débat ce matin lors des Rencontres économiques d’Aix-en Provence organisées par le Cercle des économistes. "L’accélération du changement climatique nous amène évidemment à réfléchir à des stratégies rapides de réduction de nos dépendances aux énergies fossiles mais cela ne doit pas nous amener à oublier d’autres ressources naturelles qui sont aujourd’hui surexploitées dans nos modèles de croissance”, a fait valoir Isabelle Méjean, membre du Cercle des économistes et du Conseil d’analyse économique (CAE).

La chercheuse fait ici notamment référence à l’eau. “Tout le monde a compris depuis longtemps que l’énergie est le sujet de la lutte contre le changement climatique, il est beaucoup plus récent que l’on ait compris que l'eau est le grand défi de l’adaptation au changement climatique”, a déclaré Pierre Pauliac, vice-président exécutif, directeur “Division Eau” et membre du comité exécutif de Suez. “C’est une ressource rare mais qui ne restera pas chère cela ne fait aucun doute, car elle est vitale. Le cobalt, le nickel, le lithium ne sont pas vitaux”, a-t-il ajouté.

Un diagnostic qui a fait tiquer Ludovic Subran, chef économiste du groupe Allianz. “’L’eau restera peu chère mais rare’, je trouve que c’est une belle aporie économique”, a-t-il plaisanté. “Si elle devait être chère, les variables d’ajustement seraient l’agriculture, qui vivra une attrition, et la réindustrialisation. Pour éviter que cela ne touche la population, alors des subventions émergeraient, ce qui pèserait sur les finances publiques”, a rétorqué Pierre Pauliac. Face à la contrainte qui affecte l’eau, la réduction de la consommation, le stockage et le dessalement apparaissent décisifs, d’après ce dernier.

Une autre ressource dont on parle rarement s’est invitée dans le débat : le feu. “Pendant la pandémie, un bon nombre de pays ont interdit que nous stoppions notre production ou la vente de briquets, ce pour une raison très simple : cela sert à faire la cuisine, même dans les pays développés 50 % des ménages ont des gazinières, dans l’hémisphère sud c’est encore plus”, a indiqué François Clément-Grandcourt, directeur général de la division “Briquets” du groupe Bic.

Nos briquets ont 19 pièces, et ceux de nos concurrents 35 […], le marché du briquet peut considérablement améliorer son empreinte en termes de matière [réduction de la ressource par flamme, ndlr]”, a-t-il ajouté. Encore faut-il disposer d’un accès pérenne à cette matière… “’Le pays A acceptera-t-il de livrer le pays B ?’ est l’une des problématiques”, a rappelé François Clément-Grandcourt.

La diversification des approvisionnements est justement un point sur lequel a voulu insister Ludovic Subran, évoquant le Vieux continent. "Quand vous parlez à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, son obsession est de trouver un point d’équilibre entre le souverainisme français et le mercantilisme allemand, cela veut dire 'diversifions, diversifions, diversifions', ce qui demande d’être beaucoup plus malins dans les alliances stratégiques qu’elles soient géographiques, industrielles, financières", a-t-il déclaré.

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