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Rencontres économiques d'Aix-en-Provence

Rencontres économiques d’Aix-en-Provence / L'inflation reviendra-t-elle à son étiage pré-pandémique ?

Alors que son envolée a représenté un choc majeur pour l’économie mondiale au cours de ces dernières années, l’inflation pourrait ne pas redescendre jusqu’au niveau qui était le sien avant la crise pandémique. C’est ce qu’ont soutenu des experts durant les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, évoquant des forces conjoncturelles et structurelles.
Vanessa Holtz, directrice générale Bank of America Securities Europe & Responsable France, Philippe Mills, directeur général de la Sfil et Karamo Kaba, gouverneur de la Banque centrale de Guinée - DR
Vanessa Holtz, directrice générale Bank of America Securities Europe & Responsable France, Philippe Mills, directeur général de la Sfil et Karamo Kaba, gouverneur de la Banque centrale de Guinée - DR

Sommes-nous entrés dans un nouveau régime d’inflation ? C’est la question à laquelle ont dû essayer de répondre des panélistes à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. “Je ne vois pas les taux d’intérêt ni l’inflation baisser à des niveaux pré-covid”, a déclaré Vanessa Holtz, directrice générale Bank of America Securities Europe & Responsable France.

Un diagnostic plutôt en phase avec ce que pense Karamo Kaba, gouverneur de la Banque centrale de Guinée, qui estime même que l’inflation devrait repartir à la hausse au cours des prochains mois. “Il y a deux mois, le président Joe Biden, a décidé d’augmenter les taxes sur les véhicules électriques chinois, en conséquence la Chine a préempté tous les containers ce qui a produit une explosion de ces coûts pour faire venir des marchandises dans nos pays”, a souligné le banquier central.

En outre, “quand on regarde en détail l’indice des prix à la consommation des États-Unis, le logement pèse pour 30 % [est pris en compte le loyer fictif que se paieraient les propriétaires s’ils étaient locataires contrairement à l’Europe où seuls les loyers versés par les locataires sont intégrés, soit environ 10 % de l’indice, ndlr], or l’indice Case-Shiller [prix de l’immobilier, ndlr] affiche une augmentation de 7 % sur un an, ce qui représente donc une contribution de 2,1 points à l’inflation juste pour les logements dans les temps à venir", a-t-il ajouté.

De sorte que, “si l’inflation est en reflux par rapport à avant, nous devrions rester sur des niveaux élevés”, a affirmé Karamo Kaba, qui incite à se méfier de la forte hausse des salaires en zone euro, qui pourrait empêcher une diminution pérenne de l’inflation.

Philippe Mills, directeur général de la Sfil, banque publique, filiale de la Caisse des Dépôts, s’est, lui, projeté davantage à moyen terme. “Il existe plusieurs raisons du côté de l’offre de production qui n’incitent pas à croire que nous reviendrons à un régime d’inflation semblable à celui en vigueur avant la pandémie”, a indiqué l’ex-directeur général de l’Agence France Trésor.

La première d’entre elles est la dé-globalisation, soit le fait qu’un certain nombre d’entreprises préfèrent assurer la sécurité de leur chaîne d’approvisionnement plutôt que l’efficacité économique maximale en la matière”, a-t-il fait valoir. La deuxième a trait au pouvoir de marché “assez exceptionnel” dont certaines grandes entreprises jouiraient.

Par ailleurs, la variable démographique jouerait un rôle. “La plupart des grands pays de la planète ont aujourd’hui une population active qui, soit va stagner, soit va diminuer, or la disparition de l’inflation durant les dernières décennies était en partie liée à l’arrivée de centaines de millions de travailleurs sur le marché de l’emploi", a expliqué Philippe Mills.

D’autre part, le niveau important de la dette publique et privée ne serait "pas forcément favorable à un régime d’inflation bas".

Enfin, Philipps Mills juge que la décarbonation de l’économie est un phénomène qui devrait pousser l’inflation à la hausse. "Dans un discours de juin dernier, Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a expliqué que la fragmentation géopolitique et la transition climatique représentaient des chocs d’offre négatifs, au moins pendant une période assez longue avant que des effets différents aient lieu", a-t-il fait remarquer.

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