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Macro-économie / Taux / Rencontres économiques d'Aix-en-Provence / TotalEnergies / Engie / Patrick Pouyanné / Catherine MacGregor

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Rencontres économiques d'Aix-en-Provence / TotalEnergies / Engie / Patrick Pouyanné / Catherine MacGregor

Rencontres économiques d’Aix-en-Provence / Passe d’armes entre Patrick Pouyanné et Catherine MacGregor sur l’électricité décarbonée

Trois mastodontes du secteur de l’énergie étaient réunis ce matin à la 23ème édition des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Ils y ont livré, non sans heurts, leur vision de la transition climatique alors que l’électricité décarbonée est amenée à prendre une place de plus en plus grande dans le mix énergétique planétaire.
Luc Rémont, président-directeur général d'EDF, Catherine MacGregor, directrice générale d'Engie et Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies - DR
Luc Rémont, président-directeur général d'EDF, Catherine MacGregor, directrice générale d'Engie et Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies - DR

Le débat fait rage quant aux conséquences de la décarbonation du mix énergétique mondial (et français). Ce matin, à la 23ème édition des Rencontres économiques, trois géants du secteur énergétique étaient présents pour échanger sur le défi que constitue la transition climatique. “Il faut décarboner à marche forcée car l’horloge climatique s’accélère. Cette décarbonation à marche forcée nous oblige à évaluer toutes les technologies qui permettent de la réaliser. Parmi ces dernières, l’électricité est celle qui a le plus gros potentiel de décarbonation”, a estimé Luc Rémont, président-directeur général d’EDF.

Celui qui présentera sous peu son plan stratégique pour l’électricien a ajouté qu’aujourd’hui, “le nucléaire est la seule technologie qui permette la production à l’échelle des besoins d’un pays et de la plaque européenne en matière d’électricité décarbonée”, tout en saluant l’essor des moyens de production renouvelables sur le Vieux continent. Ce dernier aspect a d’ailleurs fait l’objet d’une mise au point de la part de Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie.

L’on entend souvent dire en France que ‘les renouvelables, ce n’est pas vraiment sérieux et elles ne pourront répondre aux besoins de l’industrie’”, a-t-elle déclaré. Or, la patronne d’Engie a expliqué qu’“au premier semestre 2023, en Allemagne comme en Espagne, deux pays aux géographies et ressources très différentes, les énergies renouvelables ont représenté 50 % de la production d’électricité [contre aux alentours de 20 % en France, ndlr]”.

Neutralité carbone d’ici à 2050 oblige, le mix énergétique planétaire doit voir la part des hydrocarbures diminuer. Bien conscient de cette trajectoire, TotalEnergies “investit massivement” dans l’électricité, a indiqué son président-directeur général Patrick Pouyanné (alors qu’elle représentait 5 % du mix de ventes d’énergie de la firme en 2020, l’électricité devrait peser pour 15 % en 2030).

Interrogé sur ses perspectives concernant le prix de l’électricité, Patrick Pouyanné a expliqué qu’il le voyait croître du fait de l’augmentation de la composante décarbonée. “C’est certes sympathique de décarboner avec un soleil gratuit mais c’est intermittent et il s’agit d’un système de plus en plus complexe à manipuler : il faut des capacités de stockage et nous en sommes loin”, a-t-il affirmé, soutenant qu’“à moins de garder pas mal d’énergie fossile, ce système coûtera plus cher".

À la tête d’une entreprise visant à ce que près de 60 % de ses capacités de production soient issues des renouvelables en 2030, Catherine MacGregor a physiquement fait montre de sa vive désapprobation quant au jugement de Patrick Pouyanné, même si elle a reconnu qu’il fallait "investir dans les batteries".

S’adressant à elle, ce dernier a alors avancé que “si tu fais des investissements, tu ne prends sans doute pas pour hypothèse 50 euros le mégawattheure d’électricité, mais sans doute beaucoup plus, sinon on n’investit pas dans l’éolien offshore en Europe, ce n’est pas vrai”.

Cet échange, “viril mais correct”, s’est poursuivi à la fin de la table ronde alors même qu’Arnaud Pieton, directeur général de Technip Energies, était en train de la conclure.

Face à cette passe d’armes, Luc Rémont est demeuré stoïque. Le P.-D.G. d’EDF a seulement déclaré qu’il était “ravi de voir Patrick Pouyanné et Catherine MacGregor se passionner pour l’électricité” ; ce qui ne manqua pas de déclencher les rires de l’assistance et des deux concernés.

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