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Engie / gaz / électricité / Catherine MacGregor
Profits records pour Engie grâce à la flambée des prix
L’inflation énergétique n’est pas perdue pour tout le monde. Alors que la flambée des cours de l’électricité et du gaz inquiète par ses répercussions sur l’inflation et la croissance économique, elle constitue dans le même temps une aubaine pour un énergéticien comme Engie. Le groupe dirigé par Catherine MacGregor vient de dévoiler ses meilleurs résultats trimestriels depuis longtemps.
L’entreprise a vu son chiffre d’affaires s’envoler de 85 % sur les trois premiers mois de 2022, à 25,6 milliards d’euros. Les indicateurs de rentabilité ont bondi dans des proportions à peine moins impressionnantes : l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) s’est élevé à 4,6 milliards d’euros, en hausse de 49 % sur un an, tandis que le résultat opérationnel courant a augmenté de 74 % pour atteindre 3,5 milliards d’euros.
Il s’agit pour Engie des bénéfices les plus élevés pour un premier trimestre depuis… 2013. Engie s’appelait encore GDF Suez. La performance est d’autant plus marquante que le périmètre de l’entreprise a considérablement diminué en 9 ans, avec un chiffre d’affaires passé de plus de 120 milliards d’euros à l’époque, à 65,7 milliards d’euros l’année dernière, conséquence du plan massif de cessions d’actifs qui visait à délester le groupe de la majorité de ses activités de services pour le recentrer sur les énergies renouvelables.
Rentabilité nucléaire record
Cette orientation stratégique de long terme n’a pas desservi les performances du premier trimestre. Au contraire, le segment des énergies renouvelables a généré un résultat opérationnel courant de 472 millions d’euros sur la période, en hausse de 73,1 %, malgré la baisse des volumes d'hydroélectricité en France. En parallèle, le parc nucléaire belge "n'a jamais été aussi rentable", souligne un analyste : le résultat opérationnel courant du nucléaire s’est hissé à 583 millions d’euros, contre 53 millions d’euros un an plus tôt. Dans le même temps, le résultat opérationnel des activités thermiques, qui exploitent des centrales utilisant principalement comme combustible le gaz ou le charbon, s’est envolé de 92,7 %, à 531 millions d’euros.
"La tension actuelle sur les marchés de l'énergie renforce la pertinence de notre stratégie et notamment celle de notre modèle intégré qui contribue à un mix énergétique équilibré", a souligné Catherine MacGregor, la directrice générale. Ce mix énergétique équilibré repose à la fois sur un portefeuille de capacités renouvelables en croissance, des infrastructures régulées, et des centrales thermiques flexibles, celles-ci ayant été fortement mises à contribution cet hiver pour faire face au pic de consommation d’électricité.
C’est d’ailleurs ce mix équilibré qui distingue Engie de son concurrent EDF, très largement exposé au nucléaire en France (alors que les centrales nucléaires d’Engie sont belges), donc soumis au mécanisme de l'Accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh), et handicapé par la corrosion de nombreux réacteurs qui ont dû être mis à l’arrêt.
Le risque russe sous contrôle
Sans surprise, les perspectives de rentabilité d’Engie s’avèrent donc bien plus favorables que celles de son concurrent. Alors qu’EDF avait prévenu que la flambée de son chiffre d’affaires n’aurait qu’un effet limité sur son Ebitda, Engie est bien plus optimiste. Le groupe a relevé ses prévisions pour 2022, tablant désormais sur un résultat net récurrent part du groupe compris entre 3,8 milliards et 4,4 milliards d'euros, contre une fourchette de 3,1 milliards à 3,3 milliards d'euros attendue auparavant. Cet objectif repose sur de nouvelles fourchettes indicatives d’Ebitda de 11,7 milliards à 12,7 milliards d'euros et de résultat opérationnel courant de 7 milliards à 8 milliards d'euros.
Engie a par ailleurs travaillé à sécuriser son risque russe et de rupture d’approvisionnement en gaz. Le groupe s’est mis d’accord Gazprom sur un mécanisme, en cours de mise en place, pour respecter ses obligations contractuelles de paiement du gaz russe en roubles, tout en évitant le risque lié aux devises. De plus, l'exposition directe à Gazprom a été réduite à 5 terawatt-heure (TWh) à fin mars, contre 15 TWh auparavant, soit une "nouvelle exposition [qui] représente environ 500 millions d'euros aux prix actuels du gaz", note le bureau d'études indépendant Alphavalue, soit un montant relativement insignifiant au niveau du groupe.
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