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EDF et les Français devront faire assaut de patience
Si son augmentation de capital massive bouclée la semaine dernière est un succès et a renforcé sa situation financière, EDF n’en a pas terminé avec ses difficultés sur le front de la production. De nouvelles incertitudes pèsent sur les capacités de l’électricien national pour l’hiver prochain, alors que la guerre en Ukraine s’intensifie et fait peser une menace croissante sur l’approvisionnement des pays européens en gaz russe – et donc en électricité.
Selon les commentaires que Julien Collet, directeur général adjoint de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a faits aux Echos, la corrosion sur les circuits du système de sécurité détectée depuis cinq mois dans plusieurs centrales – provoquant la fermeture temporaire de certains réacteurs – pourrait être liée à des problèmes de conception et non d’exploitation. En d’autres termes, le risque pourrait concerner d’autres réacteurs.
Pour en avoir le cœur net, EDF conduit depuis le début de l’année des examens approfondis sur l’ensemble de son parc. Ils se poursuivent encore. "De nombreuses activités de contrôle des réacteurs sont encore en cours chez EDF. L’identification du périmètre du phénomène se poursuit", précise Julien Collet. Les résultats partiels tendent à montrer que des trois générations de réacteurs (900 MWh, les plus anciens, 1 300 MWh et N4 – ou 1 500 MWh), les deux dernières seraient les plus affectés, ce qui tombe bien puisque la génération des 900 MWh est la plus répandue (elle concerne 32 réacteurs sur les 56 exploités en France).
Contacté par WanSquare, EDF a fait le point sur ses interventions. Ses contrôles en cours ou à venir à court terme portent sur 11 réacteurs : deux à Civaux, deux à Chooz, deux à Flamanville, deux à Bugey, un à Penly, Chinon et Cattenom. "A date, des défauts ont été identifiés sur les réacteurs de Civaux 1, Civaux 2, Chooz 2 et Penly 1 dans le cadre de ces contrôles. Les contrôles sur les autres réacteurs listés se poursuivent. L’ASN est tenue régulièrement informée de leurs résultats. Des solutions de remplacement, de réparation ou de contrôle renforcé des portions de tuyauteries affectées par le phénomène d’endommagement sont en cours d’instruction. Elles seront mises en œuvre au cas par cas", précise le groupe.
La production d’électricité à venir, notamment cet hiver, dépendra des résultats définitifs des contrôles. EDF a déjà fortement réduit ses prévisions en février dernier, donnant lieu à un avertissement sur résultats : la production nucléaire est estimée à 295-315 TWh pour 2022 (contre 300-330 TWh pour la prévision précédente) et à 300-330 TWh pour 2023 (contre 340-370 TWh). En outre, la part de l’électricité qu’EDF ne peut produire en raison des arrêts devra être achetée sur le marché, où les prix se sont envolés depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le 14 mars, le groupe estimait son coût à 16 milliards d’euros.
Le succès de l’augmentation de capital de 3,15 milliards d’euros réalisée par EDF a toutefois attesté de la confiance des investisseurs : son taux de souscription total a atteint 129,01% en comptant par part de l’Etat (de 2,7 milliards), ce qui implique un taux de souscription de 280% pour la part ouverte au marché. La très probable nationalisation d’EDF – pour peu qu’Emmanuel Macron remporte les présidentielles – laisse également entrevoir une prime pour les actionnaires, alors que l’augmentation de capital a été réalisée à 6,35 euros par action et que le cours évoluait hier à 8,56 euros.
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