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Veolia / services aux collectivités / eau / déchets / Suez / Russie / Ukraine

Veolia fait le plein de confiance pour 2022

Grâce à un exercice 2021 parmi les meilleurs de son histoire, le groupe de services aux collectivités aborde l’année en cours renforcé par l’apport de Suez, nullement menacé par l’inflation et peu exposé à la guerre russo-ukrainienne.
Estelle Brachlianoff, Veolia
Estelle Brachlianoff, Veolia

Veolia fait coup double : après avoir enregistré un exercice parmi les meilleurs de son histoire en 2021 grâce au rebond de l’économie et à l’envolée des prix, le groupe de gestion de l’eau et des déchets compte sur une nouvelle amélioration sensible en 2022, portée par l’intégration de Suez, son grand rival dont il a acquis la majorité des activités l’année dernière.

Si le millésime 2021 a été marqué par le succès difficile de son OPA, qui s’est formellement conclue en janvier dernier avec la création du "Nouveau Suez" à partir des activités qu’il ne voulait pas conserver, Veolia a, indépendamment de ce lourd dossier, réalisé des résultats financiers supérieurs à ses prévisions, comme à celles des analystes. Son bénéfice net a quasiment été multiplié par cinq par rapport à 2020 pour atteindre 404 millions d’euros, tandis qu’il a plus que doublé si l’on exclut les éléments exceptionnels, à 896 millions. Un tel redressement lui permet de proposer une augmentation de 43% de son dividende 2021 par rapport à l’année 2020, à 1 euro par action.

Le résultat opérationnel courant a bondi de plus de 40% à périmètre et change constants (pour s’élever à 1,77 milliard d’euros), tandis que l’Ebitda a progressé de 14% à périmètre et change constants, atteignant 4,2 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires s’est envolé de près de 10% à 28,51 milliards d’euros – la progression atteint 8,7% à éléments constants. Soit "les meilleurs résultats du groupe depuis près de 15 ans", a souligné Antoine Frérot, le PDG de Veolia.

Veolia a bénéficié d’un effet de ciseaux très positif : la solide hausse de son chiffre d’affaires et des mesures d’économies plus performantes que prévu.

Ses revenus ont profité de l’accroissement de son activité, grâce à la reprise économique. Le groupe a notamment multiplié les signatures de contrats dans l’ensemble de ses activités, par exemple à Taïwan dans la production d’énergie à partir de l’usine d’incinération de déchets de LuTsao (pour un chiffre d’affaires de 510 millions d’euros sur la durée du contrat), la gestion de l’eau à Miyagi au Japon (800 millions), ou encore deux partenariats public-privé à Parme et Milan (345 millions). Si les services industriels sont encore en dessous de leur chiffre d’affaires prépandémie de 2019 (-5,1%), toutes les autres divisions l’ont dépassé : de 0,8% dans les eaux municipales à 17,7% dans les boucles d’énergie en prenant les deux extrêmes.

L’inflation a également eu des conséquences positives sur le chiffre d’affaires de Veolia. Alors qu’il a progressé de 10,1% au quatrième trimestre par exemple, la hausse des prix de l’énergie a contribué à cette augmentation à hauteur de 3,7% de ses revenus et celle des matériaux recyclés à hauteur de 2%. "La croissance de l’activité́ est restée soutenue tout au long de l’année, tant en volumes, qui ont progressé de plus de 3%, qu’en valeur, le modèle d’indexation tarifaire dont bénéficie la grande majorité́ de nos contrats nous permettant d’absorber les effets de l’inflation", précise Antoine Frérot.

Seconde variable de l’effet de ciseaux, Veolia a bien contrôlé ses finances : il a assez nettement dépassé son objectif de réduction des coûts, réalisant 382 millions d’euros d’économies en 2021, contre l’objectif de dépasser 350 millions (qui avait été lui-même réévalué par rapport aux 250 millions prévus initialement).

Cette discipline se poursuivra en 2022 : l’objectif est de nouveau fixé à 350 millions, montant auquel viendra s’ajouter l’effet des synergies avec Suez, que Veolia chiffre à 100 millions d’euros pour l’exercice en cours. Parallèlement, révèle Estelle Brachlianoff, directrice opérationnelle (qui remplacera Antoine Frérot à la direction générale du groupe à compter du 1er juillet), le groupe réévaluera les formules d’indexation à l’inflation de la plupart des contrats, tandis qu’il bénéficiera encore la hausse des prix de l’énergie en 2022, étant producteur net d’électricité. Sur les 30% des revenus ne disposant pas de clause d’indexation, Veolia applique "des politiques d'augmentation de prix une fois par an ou deux, trois fois par an si besoin", a précisé Estelle Brachlianoff.

Veolia prévoit ainsi une "solide croissance organique" de son chiffre d'affaires en 2022, une progression organique de son Ebitda comprise entre 4% et 6%, un résultat net courant de 1,1 milliard d'euros (correspondant à une hausse supérieure à 20%) et un rapport dette nette/Ebitda d’environ 3.

Ces objectifs s’entendent pro forma du nouveau périmètre (les activités de Suez apporteront une dizaine de milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire – seule manque l’approbation de l’autorité de la concurrence britannique, attendue d’ici au 17 juillet) et pourvu que l'invasion de l'Ukraine par la Russie ne s’étende pas à d’autres pays et que le niveau actuel d’approvisionnement en gaz russe soit maintenu.

Faisant un point sur la crise ukrainienne, Antoine Frérot a souligné la faible exposition de Veolia aux deux pays impliqués (120 millions d’euros de chiffre d’affaires au total et 130 millions d’euros de capitaux employés, soit moins de 0,5% du total). Mais le groupe ne se retirera pas de Russie. "Ce sont des services essentiels pour la population : le chauffage et la collecte des déchets", a souligné Antoine Frérot. Concernant les sanctions occidentales contre la Russie, il estime que le groupe est protégé. "Nous ne vendons rien, nous n'achetons rien ; nous produisons sur place des services essentiels avec des ressources entièrement" locales. Seules sont interrompues les transactions financières entre la maison-mère et la filiale russe.

En définitive, le groupe reste optimiste, en attendant de communiquer sa "feuille de route stratégique" 2024 à l’occasion d’une journée investisseurs prévue en début d’année prochaine.

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