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EDF / Décret ARENH / Bercy / Etat / électricité / Sur les marchés / marché reglementé
Jean-Bernard Levy passe à l'offensive contre l’Etat
Passe d’armes. "Votre autosatisfaction est inquiétante : échec des négociations avec Bruxelles sur la réorganisation du groupe (projet Hercule ndlr), spoliation de l’État français avec des ventes à bas prix de l’électricité nucléaire à vos concurrents… que faites-vous pour protéger l’intérêt des actionnaires individuels minoritaires ?", a réclamé au patron d’EDF, Jean-Bernard Levy, un actionnaire lors de la cession de questions-réponses de l’assemblée générale du groupe EDF qui s’est tenue hier matin. Objet du courroux : le décret publié le 12 mars dernier par le ministère de l’Economie, des Finances, de la Relance et celui de la Transition énergétique visant à augmenter les volumes d’électricité que l’énergéticien public cède à ses concurrents dans le cadre du dispositif Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), le but étant de limiter la hausse des prix pour les Français à 4% en 2022.
Piqué au vif, Jean-Bernard Levy, a répondu : "Je crois que le conseil d’administration lorsqu’il me réitère sa confiance en renouvelant mon mandat montre que je suis un bon défenseur des intérêts de l’entreprise dans un contexte qui est difficile ". Si l'actionnaire a quitté la salle Pleyel en protestant contre le PDG d’EDF, ce dernier a pourtant décidé de passer à l’offensive contre le gouvernement : EDF vient, en effet, d’adresser à l’État un recours gracieux demandant le retrait pur et simple du décret publié le 12 mars ainsi que des trois arrêtés le complétant, une décision dont a immédiatement pris acte Bercy.
Il faut dire que le groupe a de quoi voir rouge. En relevant de 100 terawattheures (TWh) à 120 TWh pour cette année, le volume global maximal devant être cédé par EDF à tous les fournisseurs alternatifs au titre de l’accès régulé à l’électricité et ce, à un prix fixe bradé de 46,20 euros le megawattheure - alors même que les cours sur les marchés de gros atteignent des sommets- la décision gouvernementale a un impact négatif sur l’Ebitda (excédent brut d’exploitation) du groupe, estimé à 10 milliards d’euros. Une réglementation très pénalisante pour EDF qui doit, dans le même temps, faire face à de sérieuses difficultés techniques qui ont l'obligé à procéder à l’arrêt de 26 de ses réacteurs nucléaires et à racheter aujourd’hui à ses concurrents – ironie du sort et dans un contexte de forte hausse des prix de l’énergie- l’électricité qui lui manque. Au total, le manque à gagner d’EDF, en comptant le coût des dysfonctionnements, est évalué à 24 milliards d’euros.
Ce recours constitue une nouvelle étape dans la défense qu’a décidé de mener EDF contre son premier actionnaire qui détient 84% de son capital. Déjà en janvier dernier, au moment où le gouvernement avait dévoilé ses intentions, l'énergéticien français avait indiqué étudier "toute mesure de nature à protéger ses intérêts ". Avec le déclenchement de cette procédure, c’est désormais chose faite d’autant qu’en cas de refus de la part de l’État d’accéder à sa demande, rien n’empêche EDF de saisir, par la suite, les juridictions administratives.
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