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Publications, Résultats / EDF / Tarifs de l'énergie / Décret ARENH / Ebitda / conseil de gouvernance

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EDF / Tarifs de l'énergie / Décret ARENH / Ebitda / conseil de gouvernance

Une hausse du chiffre d’affaires en trompe l’œil pour EDF au premier trimestre

Si le chiffre d’affaires du groupe français a bondi sur un an, l’énergéticien français se montre prudent sur ses perspectives de bénéfices cette année. 
EDF a annoncé mercredi dernier une forte progression de son chiffre d'affaires au premier trimestre grâce à la hausse des prix de l'électricité (Photo by Benjamin Polge / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
EDF a annoncé mercredi dernier une forte progression de son chiffre d'affaires au premier trimestre grâce à la hausse des prix de l'électricité (Photo by Benjamin Polge / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Poussé par des ventes en nette hausse et la hausse de tarifs réglementés de l’électricité à 4% TTC au 1er février 2022, le chiffre d’affaires d’EDF au premier trimestre affiche une forte progression avec 35,58 milliards d’euros enregistrés contre 21,95 milliards d’euros à la même période l’année dernière, soit une hausse de 61%. C’est plus qu’attendu, le groupe tablant sur un chiffre d'affaires de 34,5 milliards d’euros.  

Cependant, cette embellie ne serait que toute relative et n’aurait qu’un impact limité sur la rentabilité mesurée par l'excédent brut d’exploitation (Ebitda), selon l’énergéticien français. Le groupe en appelle au contraire à la prudence.  

Deux évènements, intervenus en début d’année mettent à mal la santé financière d’EDF. Le premier est un arrêté entré en vigueur le 12 mars dernier. Celui-ci a relevé de 100 terawattheures (TWh) à 120 TWh pour cette année le volume global maximal de l’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique (ARENH) devant être cédé par EDF à tous les fournisseurs alternatifs au titre de l’accès régulé à l’électricité et ce, à un prix fixe bradé de 46,20 euros le mégawattheure alors même que les cours sur les marchés de gros atteignent des sommets. Résultat : un impact négatif estimé à 10 milliards d’euros sur l’Ebitda du groupe.  

Une réglementation d’autant plus pénalisante que, dans le même temps, la production de l’électricien public connaît de sérieuses difficultés techniques. En effet, des défauts de circuits de sécurité relevés dans certaines centrales, et notamment des problèmes de corrosion et des opérations de maintenance et de contrôle, ont obligé le groupe à procéder à l’arrêt de 26 de ces réacteurs nucléaires, et en conséquence à revoir ses prévisions de production pour 2022 et 2023. Ainsi, en janvier dernier, EDF a d'abord abaissé sa prévision pour 2022 de 330-360 TWh à 300-330 TWh avant de l’ajuster à 295-315 TWh en février. Concernant 2023, l’énergéticien prévoit désormais une production nucléaire à 300-330 TWh contre 340-370 TWh estimée précédemment. Ironie du sort, ce manque de productivité oblige le groupe à racheter aujourd’hui à ses concurrents - qui ont eux bénéficié des tarifs avantageux du décret ARENH-, et dans un contexte de forte hausse des prix de l’énergie, l'électricité manquante. De quoi faire plonger de toute évidence son Ebitda. Au total, le coût de ces dysfonctionnements est estimé à 14 milliards d’euros pour le groupe, portant le manque à gagner total à 24 milliards d’euros.  

Conscient du coût des défis auxquels il fait face, le groupe a pris les devants en début d’année en procédant à une recapitalisation en numéraire de 3,15 milliards d’euros ainsi qu'à la conclusion de financements bancaires de maturité de 3 ans pour un montant total d’environ 12 milliards d’euros.  

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