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Politique économique / Medef / Compétitivité / entreprises / crise énergétique / Tarifs de l'énergie / électricité / gaz / Allemagne / Etats-Unis

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Crise énergétique : le Medef en appelle à une solution européenne / Il plaide pour une refonte du marché de l’électricité

Reprise très forte d’après-Covid, guerre en Ukraine, difficultés du parc nucléaire français dont la capacité de production limitée provoque une explosion du prix de l’électricité, autant de facteurs qui font que les entreprises françaises sont confrontées aujourd’hui à des factures énergétiques très lourdes. Mais pour le Medef, la solution ne doit pas être que nationale, comme les aides proposées par Bercy. Elle doit surtout être européenne afin de rester compétitif face aux Etats-Unis et à la Chine.  
Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef (©Eric TSCHAEN/REA)
Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef (©Eric TSCHAEN/REA)

"Le prix du pétrole est mondial, le prix de l’électricité est local", se plaît souvent à répéter le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux. Et il y a visiblement urgence à agir selon l’organisation patronale qui réunissait ce matin à son siège des journalistes autour du thème "crise énergétique, tensions sur toute la ligne". "Il faut remettre l’énergie au cœur des préoccupations sur la compétitivité des entreprises ", a défendu Geoffroy Roux de Bézieux, estimant que le pouvoir d’achat des français ne devait pas être le seul point d’attention des médias.

 

Risque de délocalisations

 

Accusant depuis fin 2021 une hausse des prix de l’énergie d’une violence "jamais vue" après une très longue période de stabilité, "les entreprises sont aujourd’hui étranglées ", a-t-il alerté. A court terme, le danger existe. "Nous constatons un recul de l’activité. En raison notamment du conflit russo-ukrainien, des difficultés du parc nucléaire français, les entreprises subissent des factures très lourdes, ce qui les conduisent mécaniquement à des pertes ou à vouloir réduire la voilure de leur production pour survivre", observe le président de l’organisation patronale. "Et la situation est encore pire pour les celles qui ne sont pas couvertes par l’amortisseur électricité (Arenh, Accès Régulé à l’Energie Nucléaire Historique fixé à 42 euros le mégawattheure, ndlr", prévient-il.

Une situation qui ne risque d’ailleurs pas de s’arranger, selon le Medef, alors que les entreprises se sont vues proposer à l’été dernier de renégocier leur contrat pour l’année prochaine dans un contexte de prix qui "se sont envolés". Une situation qui pourrait contraindre, prévient l'organisation patronale, certains chefs d’entreprises à délocaliser leur production "pour aller chercher de l’énergie moins chère ailleurs ou à repousser certains de leur projet d’ouverture d’usine, ce qui ne serait pas une bonne nouvelle pour le PIB français et la croissance".

 

Des aides d’Etat mal ficelées

 

Certes, le Medef reconnaît que les efforts de l’Etat pour soutenir les entreprises. "Bien sûr, l’argent n’est pas magique, il n’est pas question de ressortir le quoi qu’il en coûte ", a reconnu Geoffroy Roux de Bézieux. Mais il estime les différentes aides proposées mal adaptées, pour ne pas dire mal pensées. Des ajustements sont, selon lui, nécessaires. "Le guichet unique (permettant de prendre en charge par l’Etat jusqu’à 70% de la hausse de la facture énergétique, ndlr) de 3 milliards d’euros proposé en juillet n’a pas fonctionné puisqu’il n’a été sollicité qu’à hauteur de 500 000 euros ", a constaté Geoffroy Roux de Bézieux. De plus, si fin octobre, reconnaissant lui-même son échec, le gouvernement a réformé le dispositif pour le simplifier, ce dernier reste encore, pour l’organisation patronale, trop restrictif. "La facture doit dépasser 3% du chiffre d’affaires 2022 de l’entreprise mais l’Etat devrait aussi prendre en compte l’année 2023. Par ailleurs, le critère de perte d’excédent brut d’exploitation (EBE) est global quand il devrait être regardé sur sites ", a regretté le président du Medef.

 

Perte de compétitivité

 

Surtout, selon l’organisation patronale, les aides offertes par l’Etat français sont sans aucune mesure avec celles que l’Allemagne propose à son économie. "Elles sont beaucoup plus tournées vers les grandes entreprises quand le soutien français protège surtout la consommation des ménages ", explique-t-elle. En effet, alors qu’un budget de 10 milliards d’euros est prévu pour les entreprises françaises, l’Allemagne a décidé de "dégainer" 124 milliards d’euros jusqu’en avril 2024.

Une différence de traitement qui n’est pas sans jouer sur la compétitivité française à l’intérieur de l’Union européenne mais qui, selon le Medef, a aussi des conséquences en dehors des frontières du Vieux continent. " Les entreprises américaines bénéficient de prix spot de l’énergie très stables et très bas, c’est donc toute la compétitivité du bloc Europe face au reste du monde qui est menacée", a rappelé le patron des patrons.

 

Une indispensable harmonisation européenne

 

Aussi, le patron des patrons en appelle à une solution harmonisée au niveau européen : "chaque pays ne peut pas aller vers du chacun pour soila Commission européenne devait se pencher en urgence sur le sujet". Parmi les solutions qui pourraient satisfaire le Medef : le découplage du prix du gaz et de celui de l’électricité mis en place en Espagne. Le pays a en effet obtenu de Bruxelles l’autorisation d’une "exception ibérique", pour plafonner le prix du gaz des centrales thermiques afin d’éviter que la note d’électricité ne suive la flambée des cours du gaz. "Il faut repenser l’Electricity market design (marché de l’électricité européen, ndlr) ", a-t-il martelé.

En attendant, si le sujet devrait être évoqué au premier trimestre 2023 par la Commission européenne, les patronats européens se retrouveront la semaine prochaine à Stockholm pour défendre une solution européenne.

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