WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Fives, équipement industriel, Novafives, PGE, prêt garanti par l'Etat

Entreprises / Actions / PGE / coronavirus / industrie / logistique / Automobile

Entreprises / Actions
PGE / coronavirus / industrie / logistique / Automobile

coronavirus Fives reçoit deux bouées de sauvetage

CORONAVIRUS. Le groupe industriel familial a obtenu un PGE de 200 millions d'euros et la suspension de son covenant bancaire.
Fives
Fives

Les mesures de confinement consécutives à la pandémie ont constitué une triple menace pour Fives. Même s'il est très diversifié, ce groupe industriel familial historique du bassin lillois n'en est pas moins un sous-traitant important des filières à la fois logistique (20% des 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2019), automobile (18%) et aéronautique (13%). Trois secteurs qui se sont retrouvés en première ligne face au quasi-arrêt du commerce mondial.

À l’instar de nombreuses sociétés dont la trésorerie a été prise à la gorge par la crise, sa maison-mère Novafives a dû négocier sur tous les fronts. Elle a d'une part obtenu une garantie de l'Etat pour un prêt de 200 millions d'euros d'une maturité d'un an (extensible quatre années successives), accordé par BNP Paribas, le CIC (groupe Crédit Mutuel), LCL (filiale du Crédit Agricole), Natixis, la Société Générale et la banque publique Bpifrance. Le montant de ce Prêt garanti par l'Etat (PGE) paraît important au regard de la taille de l'entreprise, mais le coût du prêt étant quasi-nul (il équivaut aux seuls coûts de financement et de garantie, les banques ne pouvant faire de marge), les emprunteurs ont intérêt à demander le plus gros montant possible. Or, la limite a été fixée à 25% du chiffre d'affaires réalisé en France. Condition pour obtenir un PGE, Fives ne pourra pas verser de dividende en 2020. La garantie de l'Etat porte sur 90% du prêt, conformément aux règles de fonctionnement du PGE fixées par arrêté le 23 mars (Fives réalise moins de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires en France).

Le PGE illustre les difficultés auxquelles Fives a été confronté pendant le confinement, à l'instar des sociétés exposées aux secteurs industriels les plus touchés par la crise. L'entreprise va avoir d'importants besoins en fonds de roulement : elle a déjà signalé l'année dernière que certains clients décalaient leurs paiements. "Fives a provoqué une certaine déception depuis le troisième trimestre 2019 concernant le BFR et subit des décalages dans ses entrées de cash prévues en raison des difficultés de plusieurs secteurs industriels", rappelle un analyste-crédit. Avant même la crise, on observe en effet un ralentissement prononcé des investissements industriels dans le monde. Cela s'illustre aussi chez Fives dans le déclin des prises de commande. Elles reculent depuis le pic de 2,12 milliards d'euros atteint en 2017 : 2 milliards en 2018 et 1,84 milliard l'année dernière.

D'autre part, Fives a obtenu une autre bouffée d'air frais : le groupe a obtenu la suspension de son covenant bancaire de sa ligne de crédit renouvelable de 115 millions d'euros jusqu'à juin 2021 - soit cinq trimestres. Selon les clauses de son contrat de crédit, Fives doit maintenir son multiple de dette nette/Ebitda à moins de 6 fois au cas où il tirerait plus de 50 millions d'un coût sur cette ligne. Or, étant donné que, comme toutes les entreprises affectées par la pandémie, Fives subira une forte baisse de son Ebitda en cours d'année, le risque de voir l'industriel "casser" ce covenant est grand. En effet, ce multiple (auquel le groupe applique plusieurs ajustements, comme les synergies et les économies de coûts) s'est dégradé : il atteignait 5,2 fin 2019 et déjà 5,5 fin mars 2020, alors que la crise n'en était qu'à ses débuts.

Fives n'a pas répondu aux sollicitations de Wansquare.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article