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Crédit Agricole / Publication des résultats / PGE / CASA
Crédit Agricole reste confiant malgré tout
Dans le contexte actuel, le modèle de banque mutualiste, avec son organisation certes complexe de caisses régionales mais ancré sur les territoires et le financement de l’économie réelle, montre ses vertus. C’est ce qu'a démontré Crédit Agricole ce matin, lors de la publication de ses résultats trimestriels. Certes, la banque verte n’a pas échappé au marasme économique : pour un PNB en hausse de 0,7 % à 8,37 milliards d’euros, le groupe Crédit Agricole a vu son résultat net chuter de près de 32% à 981 millions d’euros. Il faut dire que la banque est en première ligne pour financer le relais des mesures exceptionnelles prises par l’État français : elle a accordé 3,4 milliards d’euros de moratoires à fin avril, mais aussi 19,5 milliards d’euros de PGE. Ce qui l’a conduit à enregistrer un coût du risque multiplié par 3,3 à 930 millions d’euros, en grande partie des provisions réglementaires pour des crédits encore performants.
Mais nulle trace de l’immense déconvenue sur les dérivés actions enregistrée par ses homologues Société Générale et BNP Paribas, en raison de sa moindre exposition à ces produits structurés. Jacques Ripoll, directeur général de CACIB (la banque de financement et d'investissement du Crédit Agricole), a estimé que les annulations de dividendes n’avaient pesé que pour environ 10 millions d’euros sur les comptes de la maison-mère. La banque d’investissement est essentiellement tournée "vers les besoins de financement" de grands clients corporate (entreprises), a indiqué Jérôme Grivet, directeur financier.
C’est la raison pour laquelle la filiale cotée Crédit Agricole SA (CASA), dont les revenus ont grimpé de 4,8% à 5,13 milliards d’euros au premier trimestre, s’en sort mieux que ses concurrentes françaises. Son bénéfice net est en repli limité de 18%, à 652 millions d’euros, alors qu’il avait atteint 33% chez BNP Paribas et que Société Générale avait accusé sa première perte nette depuis 2012. Comme ses pairs, c’est surtout en raison de la réglementation bancaire, qui impose de prendre en compte une valorisation mark-to-market intégrant la chute récente des marchés, que CASA a vu son bénéfice chuter de 28% sur l’activité d’assurances. Dans la gestion d’actifs chez Amundi, la forte collecte en retail (auprès des particuliers) a été plus que compensée par les tirages de liquidités des entreprises et le résultat net (-17%) pâtit du brusque retournement des marchés au mois de mars.
Conséquence de cette crise systémique et de ses retombées économiques : le coût du risque a été multiplié par 2,8 chez CASA à un record de 681 millions d’euros. Surtout, 56 % de cette hausse est liée à des actifs sains pour le moment, a précisé le groupe, preuve de la réglementation bancaire stricte auxquelles les banques sont confrontées. Et c’est d’ailleurs un message de confiance que Philippe Brassac a relayé ce mercredi : "Notre approche se résume à la certitude que nous absorberons le coût du Covid tel qu'il se présente aujourd'hui", estimant que le coût du risque "n’est pas un sujet pour nous".
"Des résultats rassurants et le niveau de fonds propres solide" selon Crédit Suisse, puisque le ratio Core Tier One, certes en baisse de 0,7 point, reste à un niveau confortable de 11,4%. Les investisseurs ne s’y sont pas trompés, puisque le titre gagne plus de 2 % ce matin en Bourse. Il reste inférieur de 46 % à son niveau de mi-février, les banques payant un lourd tribut de la correction boursière.
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