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Entreprises / Actions / Europcar Mobility Group / Eurazeo / LBO / Dette / PGE

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Europcar Mobility Group / Eurazeo / LBO / Dette / PGE

Le casse-tête du sauvetage d’Europcar

Le groupe de mobilité a obtenu de l’aide de l’Espagne mais négocie encore un PGE en France. Si l’actionnaire Eurazeo s’est engagé à participer, l’enjeu pour l'Etat et les banques est de ne pas financer à perte un groupe dont l’activité s’était déjà détériorée avant la crise.
Europcar
Europcar

Derrière le transport aérien et l’hôtellerie, un autre secteur est frappé de plein fouet par l’arrêt de la circulation dans la majeure partie du monde : la location de voitures. Le français Europcar, leader européen avec 20 % de parts de marché, est directement affecté par la décision de confiner l’Italie, puis ses principaux marchés européens, ainsi que les États-Unis. Une crise qui est arrivée au pire moment pour le groupe, qui subissait déjà le ralentissement économique et le Brexit et pâtissait du niveau élevé de sa dette, à 3,2 fois l’Ebitda post-acquisition de l’américain Fox Rent a Car annoncée en novembre dernier. Il vient d’annoncer la deuxième tranche d’un programme de financement garanti à 70 % par l’Etat espagnol, pour 31,25 millions d’euros. Mais indique continuer les discussions avec ses banques pour un prêt garanti par l’Etat (PGE) en France.

La situation est en particulier délicate pour l’actionnaire Eurazeo, qui avait acheté cette ancienne filiale de Renault et Volkswagen en 2006, soit juste avant la crise, au prix fort : plus de 3 milliards d’euros, dont 1,8 milliard de dette. Le groupe a subi tour à tour la crise Lehman Brothers puis celle de la zone euro en 2011 mais a réussi à faire le dos rond, et bien lui en a pris : en 2015, Europcar parvient à s’introduire en Bourse à 12,25 euros par action, soit 1,75 milliard d’euros de valeur d’equity, et Eurazeo vend plus de la moitié de ses titres. Mais le cours de Bourse chute rapidement, et l’actionnaire a maille à partir avec le management : après avoir fait venir l’ancien PDG du PMU Philippe Germond pour l’IPO, il l’écarte en 2016 et le remplace par Caroline Parot. Celle-ci est chargée de le transformer en groupe de mobilité avec Ubeeqo sur l’autopartage, mais aussi lancer une politique de croissance externe afin de participer à la consolidation inéluctable du secteur. Une stratégie qui fait aussi grimper la dette, alors qu’elle avait été réduite par l’entrée en Bourse.

L’an dernier, Eurazeo avait tenté de sortir de cette participation et a engagé des discussions avec le concurrent américain Enterprise, puis avec le fonds Apollo, mais les négociations achoppent sur le prix. Les résultats n’ont pas été au rendez-vous en 2019, avec une baisse de 15 % de son corporate Ebitda. Europcar a tout de même misé sur le renouvellement de sa flotte de 334.000 véhicules en début d’année, en vue de la haute saison. Las, ces dépenses sont arrivées au plus mauvais moment, juste avant le coup d’arrêt à l’activité. En mars, Europcar a sollicité les banques et Eurazeo pour se refinancer. Les rumeurs ont fait état d’un PGE de 223 millions d'euros, qui se fait attendre.

L’enjeu est important : 12.000 salariés dans le monde. Mais il s’agit d’un dossier difficile, dans lequel l’actualisation du business plan, qui tiendrait compte du déconfinement et de la reprise d’activité, est complexe et bien incertain. Eurazeo, qui affiche une durée de détention de 14 ans exceptionnellement longue, s’est néanmoins engagé à participer "à un plan de soutien global" en tant qu’actionnaire minoritaire, avec près de 30 % des parts. Du côté de l’Etat, il s’agit de s’assurer que l’on ne cherche pas à sauver par tous les moyens un acteur défaillant et d’accorder l’argent du contribuable à perte. C’est la raison pour laquelle le PGE avait été limité aux entreprises qui n’étaient pas en difficultés à fin décembre, critère qui a été abandonné depuis lors. Une chose est sure : comme en 2008, le gouvernement devra rendre compte de tous les chèques alloués lors d’une crise inédite, si bien qu’il ménage ses arrières, tout comme les banques.

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