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Europcar Mobility Group / Publication des résultats / Eurazeo
Europcar : un candidat difficile à la sortie pour Eurazeo
Europcar avait pourtant prévenu, mais la déception est tout de même là. Après avoir lancé un profit warning lors de ses résultats du troisième trimestre en octobre dernier – qui avaient fait chuter le titre de 37 % en une seule séance - le groupe de location de voitures a publié des résultats annuels bien peu réjouissants. S’il a maintenu son chiffre d’affaires, en hausse de 0,3 % en organique (+3,2 % en prenant en compte l’acquisition de Fox Rent a Car aux Etats-Unis, finalisée en novembre) à 3,02 milliards d’euros, la rentabilité s’est effondrée : le corporate Ebitda a chuté de 15 % à 278 millions d’euros, soit une marge opérationnelle en baisse de 2 points, à 9,2 %. Et le résultat net a quant à lui été quasiment divisé par deux, à 38 millions d’euros, même en excluant la cession de Car2Go qui avait boosté ce résultat en 2018.
"Le deuxième semestre a été riche en défis", a résumé sobrement Caroline Parot, expliquant que le ralentissement économique plus brutal que prévu en Europe ainsi que le Brexit ont pesé sur l’activité. En fin d’année, les locations de voitures loisirs liées aux annulations de TGV lors des grèves des transports ont été compensées par les annulations des voyages d’affaires, ce qui a donc abouti à un "jeu à somme nulle", selon la dirigeante. C’est en réalité la nouvelle activité d’auto-artage, avec Ubeqoo, dont les revenus ont grimpé de plus de 50 %, qui a tiré sa branche mobilité urbaine. Mais cette dernière représente encore moins de 2 % de son chiffre d’affaires global. Surtout, Europcar souffre encore d’une dette trop lourde qui a encore grimpé de 0,2 fois l’Ebitda pour atteindre 3,2 fois son Ebitda à fin 2019, après le rachat de l’américain Fox Rent a Car. L’objectif est de la réduire de 0,4 fois d’ici fin 2020 via l’amélioration de la génération de trésorerie.
Outre la dette, force est de constater que ces challenges resteront nombreux en 2020, qu’il s’agisse de retournement économique ou de risques sanitaires, même si Europcar précise ne pas être présent en Asie-Pacifique. Il prévoit ainsi une croissance organique "limitée" cette année, un corporate Ebitda compris entre 300 et 310 millions d’euros et promet une "progression forte" du résultat net. Le chemin est donc encore long avant d’atteindre les 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et les 15 millions de clients, fixés dans le cadre du plan SHIFT 2023.
Un horizon trop long pour Eurazeo, qui est entré au capital d’Europcar en 2006 et cherche une porte de sortie. L’investisseur emmené par Virginie Morgon, qui détient 31 % du capital, a mandaté JP Morgan pour trouver un repreneur à ses parts, tandis que le groupe est accompagné par BNP Paribas et Rothschild. Une décision dictée par un historique de détention long et non par les performances du groupe, a assuré la présidente du directoire. Il reste que le timing est loin d’être idéal pour Eurazeo : il avait introduit Europcar en Bourse à 12,25 euros par action et le titre vaut désormais… à peine plus de 3 euros. Et devrait être encore sous pression après la publication de ces résultats annuels peu réjouissants.
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