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Professions financières / Crédit Agricole / CASA / CA CIB

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Crédit Agricole / CASA / CA CIB

Crédit Agricole explose les compteurs

La banque bat des records dans certains domaines au deuxième trimestre et au cours des six premiers mois. La BFI marque toutefois le pas et contraste avec celle de ses concurrents.
Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole SA
Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole SA

Dernière grande banque française à publier ses comptes, le Crédit Agricole n’a pas fait démentir la tendance de résultats financiers excellents. Mieux, le groupe mutualiste, qui réunit le réseau du Crédit Agricole proprement dit, celui de LCL et Crédit Agricole SA (Casa, la structure cotée qui regroupe la banque de financement et d’investissement CA CIB, la société de gestion Amundi, CA Assurances, CA Consumer Finance et Crédit Agricole Italia), affiche par certains éléments des résultats records.

Casa a ainsi que doublé son bénéfice net au deuxième trimestre par rapport à la même période l’année précédente, qui passe de 954 millions à 1,97 milliard d’euros : ce montant est un record depuis 2007. Certes, ce montant est porté par plusieurs éléments exceptionnels comptables importants, en particulier 285 millions d’euros de badwill lié à l’acquisition de la banque italienne Creval en avril. Mais en excluant ceux-ci, le résultat net trimestriel sous-jacent progresse de 46 % à 1,6 milliard d’euros, un montant nettement supérieur au 1,2 milliard attendu par le consensus d’analystes réalisé par Bloomberg. En outre, cette performance porte à 2,55 milliards d’euros le résultat net sous-jacent du premier semestre (+45 %), un record pour cette période de l’année depuis l’introduction en Bourse de Casa en 2001…

Merci aux pouvoirs publics

Philippe Brassac, directeur général de Casa, a explicitement salué le rôle essentiel des États et de l’Union européenne dans la préservation des bénéfices des banques : les mesures de soutien massives des pouvoirs publics aux entreprises et aux particuliers ont limité les défaillances, permettant ainsi aux établissements de continuer à percevoir des revenus d’intérêt et de réduire leurs provisions pour créances douteuses – une mesure qui joue directement sur les bénéfices. En l’occurrence, Casa a réduit le montant de ses provisions du deuxième trimestre de 67 % en glissement annuel, tandis que celles de l’ensemble du groupe Crédit Agricole ont été réduites de 61 %.

La banque peut toutefois se targuer de certains mérites. Elle montre une remarquable capacité à générer des revenus réguliers tout en maîtrisant relativement ses coûts. Un paramètre illustre particulièrement cette dimension : le coefficient d’exploitation (qui mesure le rapport entre les charges et les revenus) de Casa a atteint le niveau extrêmement faible de 55,9 % au deuxième trimestre, reculant de 5 points de pourcentage en un an, tandis que celui du groupe a baissé de 2,7 points à 59,5 %. À l’échelle du semestre, la baisse atteint 4,7 points chez Casa (à 57 %) et 4,1 points pour l’ensemble du Crédit Agricole (à 60,2 %).

La banque ayant su profiter de la reprise économique, ses revenus ont augmenté de manière nettement plus importante que ses charges au deuxième trimestre : ceux de Casa bondissent de 19 % à 5,82 milliards d’euros (+12,4 % hors éléments exceptionnels) et ceux du groupe sont en hausse de 15 % à 9,3 milliards (+9 % hors exceptionnels).

Une performance assumée en BFI

Le seul pôle à subir une baisse de ses revenus (mais pas de son bénéfice net) par rapport au deuxième trimestre 2020 est celui des "Grandes clientèles", en particulier la banque de financement et d’investissement qui recule de près de 14 %. Au sein de CA CIB, les revenus de banque de marché et d'investissement ont diminué de 21 %, plombés par la chute de 28 % dans les activités sur les taux, changes et matières premières.

Le Crédit Agricole évoque une "normalisation du niveau d’activité commerciale" alors que le T2 2020 avait été paradoxalement très dynamique sur les marchés financiers, en particulier du côté des marchés de taux. Mais le niveau d’activité reste supérieur à celui du T2 2019, avant l’éclatement de la pandémie. En outre, les dirigeants de la banque assument parfaitement cette baisse d’activité, ayant décidé depuis des années de contrôler la croissance de CA CIB pour réduire la volatilité de ses résultats. Mais souffrant la comparaison avec ses concurrentes, sa performance relativement faible explique probablement le retournement de l’action Casa en début de séance à la Bourse de Paris. Elle perdait 1,1 % vers 15h00, après avoir ouvert en hausse de plus de 1,5 %.

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