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Air France - KLM / cash-flow / lignes de crédit renouvelables

Riche en liquidités, Air France – KLM doit encore réduire sa dette / Le cash-flow comme nerf de la guerre

Les deux nouvelles lignes de crédit renouvelables signées par Air France – KLM auprès de banques internationales pour 2,2 milliards renforcent ses liquidités. La compagnie devrait bientôt achever de sortir du régime d’aides d’État dont elle avait bénéficié durant la pandémie, mais il lui restera à réduire son importante dette, une tâche qui va largement dépendre de sa capacité à générer du cash-flow.
Benjamin Smith, le directeur général d'Air France - KLM - Eric TSCHAEN/REA
Benjamin Smith, le directeur général d'Air France - KLM - Eric TSCHAEN/REA

C’est ce qui s’appelle respecter son plan de vol. Après avoir finalisé en mars le remboursement intégral du prêt garanti par l’Etat (PGE) accordé par la France pendant la pandémie, la compagnie aérienne franco-néerlandaise renforce à présent ses liquidités.

Elle en avait exprimé l’intention lors de la présentation des résultats annuels du groupe en février. Air France – KLM a annoncé mardi avoir signé deux lignes de crédit renouvelables dites RCF (revolving credit facility) avec un pool de banques internationales, pour un montant total de 2,2 milliards d’euros, liées au développement durable. Il s’agit au passage de la deuxième transaction liée au développement durable réalisée par le groupe, après son émission inaugurale de janvier 2023. Pour chaque ligne de crédit, un ensemble d’indicateurs de performance en matière de développement durable a été intégré au coût de financement.

Dans le détail, d’un côté Air France-KLM et Air France, en tant que co-emprunteurs, ont signé une RCF liée au développement durable de 1,2 milliard d'euros avec une échéance initiale fixée à 2026. La nouvelle ligne de crédit a été coordonnée par Crédit Agricole Corporate and Investment Bank (CACIB) et Natixis et conclue avec un syndicat de 15 banques internationales. De l’autre, la compagnie partenaire KLM a signé une RCF de 1 milliard d'euros indexée, elle aussi, sur des indicateurs de performance ESG. D’échéance initiale fixée à 2027, celle-ci a été coordonnée par ABN AMRO, ING et Rabobank et conclue avec un syndicat de 14 banques internationales.

Ce renforcement de la liquidité est bien accueilli. Après avoir déjà gagné 2,1% lundi, l’action Air France – KLM gagne un peu plus de 1% lundi, à 1,54 euro, sur Euronext Paris. L’annonce "est positive", elle "souligne encore une fois la bonne gestion du management", notent les analystes d’Octo Finances.

 

La page des aides d’Etat bientôt tournée

 

Prochaine étape : sortir complètement du régime d’aides d’État. Alors que le seuil de 75% de remboursement de l'aide à la recapitalisation octroyée par l’Etat lors de la crise du Covid-19 a été franchi le mois dernier, il reste un reliquat de 300 millions d’euros environ d'instruments hybrides perpétuels de l'État français à rembourser. Ce que le groupe a l’intention de faire à compter de ce mercredi 19 avril, selon le plan de marche donné lors de la publication des résultats annuels.

Une fois cette mission accomplie, il restera à l’entreprise à s’attaquer au remboursement de son importante dette accumulée ces dernières années. L’augmentation de capital de 2,2 milliards d’euros réalisée l’an dernier, soutenue par ses deux plus grands actionnaires, les Etats français et néerlandais, lui a permis d’engager le mouvement. La réduction de ladite dette, qui s’élevait à 6,3 milliards d’euros à fin décembre va beaucoup dépendre à présent de la capacité de la compagnie à générer du cash-flow. "Le cash-flow libre d'exploitation ajusté, hors éléments exceptionnels, devrait rester positif", avait indiqué le groupe en février en présentant ses perspectives à moyen terme. Pour autant, le contexte inflationniste et les perspectives d'une croissance économique faible, réduisant le pricing power des compagnies aériennes, rendent forcément les choses plus aléatoires.

Heureusement, l’environnement de reprise des voyages dont bénéficie le secteur du transport aérien depuis l’an dernier ne semble pas s’essouffler à ce stade. Les derniers échanges de l’entreprise avec les analystes juste avant l’entrée en quiet period en vue de la publication des résultats du premier trimestre le 5 mai prochain font remonter des indications positives.

"Le trafic du premier trimestre est en ligne avec les prévisions de capacités 90% à 95% de leurs niveaux de 2019. Il n'y a pas eu de perturbations majeures dues aux récentes grèves en France au premier trimestre et la compagnie n'en prévoit pas non plus pour le deuxième trimestre", rapporte le cabinet de recherche indépendant AlphaValue. Et justement, "la bonne surprise semble provenir du cash-flow libre", note de son côté Oddo BHF, la génération de trésorerie continuant à profiter de la vigueur des réservations.

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