WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
air france klm

Publications, Résultats / Air France - KLM / Benjamin Smith / Pieter Elbers

Publications, Résultats
Air France - KLM / Benjamin Smith / Pieter Elbers

Air France - KLM et la guerre de tranchées

Les résultats à demi-teinte du Groupe montrent l'épuisement progressif des forces opposées. Plus rien ne va entre les deux pays, depuis le coup de force boursier mené par les Pays-Bas.
Guerre de tranchées (Crédits : DR)
Guerre de tranchées (Crédits : DR)

C'est du jamais vu. Le Groupe Air France KLM a choisi de rester silencieux à l'occasion de la publication de résultats semestriels. Et il n'y aura donc aucun commentaire à la presse. Pourtant dans son histoire, Air France KLM a toujours saisi ce calendrier des performances financières pour un bon coup de publicité, un exercice que connaît trop bien le directeur général côté hollandais. D'ailleurs, ni le crash du vol MH17 en Ukraine à l'été 2014, ni le renouvellement controversé de Pieter Elbers au mois de février, n'avaient interrompu l'habitude prise par le Groupe. La guerre à laquelle se livrent la France et les Pays-Bas ont obligé les derniers soldats à se réfugier dans les tranchées.

Dans ces conditions, le Canadien Benjamin Smith ne devrait pas fêter fastueusement sa première année aux commandes d'Air France - KLM. Celui qui annonçait avoir triplé les pertes d'exploitations au premier trimestre à 303 millions d'euros, une semaine avant d'aller vers des premières réductions d'effectifs, doit assumer un résultat net part du groupe de 80 millions d'euros au second trimestre, en repli de 30 millions d'euros. Alors oui, le résultat d'exploitation ressort à 400 millions ce semestre, en légère progression de 54 millions d'euros par rapport à 2018, mais cette amélioration est essentiellement due aux grèves du personnel l'an dernier, créant une base de comparaison tronquée et favorable.

Comme si les querelles internes au plus haut du Groupe pesaient sur les capacités d'Air France KLM à se ressaisir. Il se murmure que plus rien ne va entre les deux pays depuis le coup de force boursier mené par les Pays-Bas, qui aurait été organisé pour calmer les ambitions de Benjamin Smith de prendre en main les commandes des deux compagnies. Et même le groupe de travail conduit par le directeur général de l'APE Martin Vial et son homologue néerlandais, Christiaan Rebergen, qui devait rendre ses conclusions en juin, peine visiblement à définir les garanties et la nouvelle structure de gestion.

Last but not least Air France s'est engagée à se procurer soixante Airbus A220-300 avec une option d'achat sur une trentaine d'appareils supplémentaires pour renouveler sa flotte à court et moyen-courrier, tout en annonçant cesser de faire voler ses A380. C'est-à-dire que l'opérateur augmente ses petits modèles mono couloirs, au détriment de l'Aéroport de Schiphol à Amsterdam qui aurait gagné à se développer davantage sur de la longue distance. Un tout nouveau motif à disputes, pour ces deux combattants qui préfèrent encore s'abriter dans des lignes fortifiées plutôt que d'aller directement au front. À moins que les forces opposées ne soient marquées par les premiers signes d'épuisement.

 

 

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article