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ADP / Aéroports de Paris / Augustin de Romanet / Covid / Crise sanitaire / trafic / trafic de passagers
ADP maintient la cadence sur son trafic / Mais la récession pourrait freiner la remontée vers les niveaux de 2019
La dynamique de la remontée du trafic aérien vers ses niveaux prépandémiques est-elle en train de marquer une pause ? Les derniers pourcents seront sans doute les plus difficiles à regagner. Le trafic total du groupe Aéroports de Paris (ADP) a continué à croître fortement en novembre par rapport à l’année dernière, avec 22,9 millions de passagers accueillis, soit 5,5 millions de passagers de plus qu’en novembre 2021. S'agissant de la comparaison avec 2019, la plus scrutée, le trafic du mois dernier a représente 89,3% du trafic de passagers qui avait transité dans les aéroports du groupe au même mois il y a trois ans. Un nouveau chiffre qui s'ajoute aux précédents pour tenter de déterminer quand l’activité retrouvera ses niveaux d’avant la crise sanitaire.
Sur ce point, la dynamique semble s’essouffler un peu. Novembre traduit une forme de stabilisation alors que le trafic d’octobre était remonté à 90,3% de celui d’octobre 2019, tandis que les mois d’été ont montré une progression continue en partant d’un mois de juin 2022 qui a représenté 71,9% du trafic de juin 2019. Le fort rebond du tourisme après la levée des restrictions sanitaires a d'ailleurs permis au groupe de relever en juillet, puis d'affiner en octobre, ses hypothèses de trafic pour 2022, visant sur l'ensemble de cette année un trafic compris entre 77% et 83% de son niveau de 2019. L’objectif sera facilement atteint, mais les interrogations portent désormais sur 2023, alors que le scénario de récession qui se confirme risque de freiner la reprise du trafic aérien et repousser le retour à ses niveaux d’avant la crise sanitaire.
"Le trafic aérien n’est pas immunisé contre la récession qui se profile" préviennent ainsi les analystes d’Oddo BHF dans une étude sectorielle. Le fait est que parmi les actifs d’infrastructures de transports, les aéroports ne semblent pas les mieux armés pour résister à la détérioration des perspectives économiques. Comme l’explique Fitch Ratings, "les ports et les routes à péage sont dans une meilleure position. Leur trafic ayant retrouvé les niveaux d'avant la pandémie, ils sont désormais en mesure de faire face à une récession modérée".
A contrario, "les aéroports sont les plus exposés à la récession, l'inflation érodant le revenu disponible des consommateurs, leur propension à prendre l'avion et leur capacité à dépenser de l'argent dans les aéroports", ajoute l’agence de notation. Des vents contraires qui n’empêchent pas le groupe dirigé par Augustin de Romanet de toujours espérer un retour aux niveaux de trafic passagers de 2019 respectivement entre 2023 et 2024 pour l'ensemble de son périmètre.
Il est encore possible d’en douter à ce stade mais la rentabilité de l’entreprise est néanmoins protégée, alors que ses comptes devraient revenir dans le vert cette année, après des pertes de 248 millions d’euros en 2021 et de 1,2 milliard d’euros en 2020. L'année prochaine, le groupe n’aura pas la possibilité de répercuter la hausse de ses coûts alors qu’il a proposé à l’Autorité de Régulation des Transports (ART) un gel des tarifs des redevances prélevées aux compagnies aériennes. Heureusement, les coûts d’ADP sont partiellement immunisés contre l'inflation, du moins à court terme. La société a contractuellement sécurisé, dès 2020, le prix d'achat de sa consommation d'électricité et de gaz jusqu'en décembre 2023.
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