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Air France - KLM / Ben Smith

Air France – KLM veut accélérer sa transformation / Une journée investisseurs convaincante

Air France – KLM a convaincu les marchés lors de sa journée investisseurs. Assaini financièrement, le groupe vise une nouvelle prévision de marge de plus de 8% pour la période 2026-2028. Pour ce faire, Ben Smith, son directeur général, souhaite accélérer le programme de transformation à l’œuvre depuis 2019.  
Ben Smith, le directeur général d'Air France - KLM - AFP
Ben Smith, le directeur général d'Air France - KLM - AFP

C’est une première dans l’histoire d’Air France – KLM. Alors qu’elle n’avait jamais été suivie jusqu’à présent par les agences de notation, la compagnie aérienne franco-italienne s'est vue mercredi attribuer les notes "BB+" et "BBB-" par Standard & Poor’s et Fitch respectivement. Soit le cran le plus élevé de la catégorie spéculative pour l’un, et le dernier cran de la catégorie investissement pour l’autre.

La deuxième plus grande compagnie aérienne d'Europe après l’allemande Lufthansa et la cinquième au monde, si l'on en juge par le chiffre d'affaires, revient de loin. Elle a fini de rembourser au premier semestre de cette année l’intégralité des aides octroyées par les Etats français et néerlandais pendant la pandémie. Et, grâce aux deux injections de capital conclues il y a quelques mois avec le fonds américain Apollo - 500 millions d'euros pour l'activité de composants d'ingénierie et de maintenance et 1,3 milliard d’euros dans le système de fidélisation Flying Blue – la société est enfin parvenue à résoudre son problème de fonds propres négatifs.

D'ailleurs, sa requête d’être suivie par Standard & Poor’s et Fitch témoigne manifestement de sa volonté d’être désormais traitée comme une entreprise normale, nonobstant ses liens avec les Etats français et néerlandais, ses deux premiers actionnaires dont un éventuel soutien supplémentaire serait toutefois très strictement encadré par les règles de la concurrence de l’Union européenne.

 

2 milliards d'euros de résultat opérationnel en plus

 

Portée par la reprise de la demande de transport aérien post-Covid, la compagnie a publié fin octobre des résultats financiers spectaculaires pour son troisième trimestre, avec un résultat net doublé et un record de bénéfice d’exploitation, tandis qu’elle a annoncé l'acquisition d'au moins 50 Airbus A350 pour renouveler sa flotte de long-courriers. Standard & Poor’s en est d’ailleurs convaincu, la compagnie génère de solides flux de trésorerie d'exploitation qui lui permettront d’absorber une bonne partie de ses importants besoins d'investissements. En revanche, les marges d’exploitation du groupe, "bien qu'en amélioration significative, restent inférieures à celles de certains de ses pairs les mieux notés", pointe l’agence.

C’est pourquoi en relevant jeudi sa perspective de marge opérationnelle pour la période 2026-2028 à l’occasion de sa journée investisseurs, estimant que son résultat opérationnel s'améliorerait de deux milliards d'euros au cours des cinq prochaines années, Air France – KLM a visé juste. Son cours de Bourse a terminé la séance du jour en hausse de 8,2%, à 13,2 euros.

Comme d'autres compagnies aériennes, Air France-KLM est aux prises depuis des mois avec des coûts liés à l'inflation qui proviennent principalement de la hausse des salaires, mais aussi des frais de contrôle du trafic aérien et des redevances aéroportuaires. L'entreprise a fait état d’une facture carburant de 1,92 milliard d'euros pour les trois mois clos fin septembre, plus que les 1,66 milliard d'euros payés au deuxième trimestre.

 

Une croissance plus rentable

 

Mais l’important programme de transformation mené depuis 2019 visant notamment à restructurer les opérations court-courrier, lui permet d'y faire face grâce à l'abaissement de son coût unitaire (lié principalement à la main d'œuvre et au carburant). Et c’est ce programme que le groupe veut "accélérer davantage". Plus largement, l’ambition est d’exploiter également "tout le potentiel des actifs de notre groupe afin d’assurer une croissance soutenue et plus rentable" a expliqué jeudi Ben Smith, le patron de la compagnie. Et ce, en se concentrant davantage sur la croissance de sa filiale à bas coûts Transavia, ou en augmentant la contribution du programme de fidélisation Flying Blue au chiffre d’affaires, entre autres.

De la sorte, la compagnie compte désormais atteindre une marge opérationnelle supérieure à 8% pour la période 2026-2028, au-dessus donc de sa précédente prévision de moyen terme d’une marge de 7 à 8%. Ce faisant, le groupe comble un peu l’écart qui le sépare de ses grands concurrents. Lufthansa vise également une marge d’au moins 8%, mais dès 2024, tandis qu’International Airlines Group, la maison mère de British Airways et Iberia, et Delta Air Lines, devraient renouer l’an prochain avec des marges à deux chiffres.

 

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