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Air France-KLM / Ben Smith / Pays Bas / France
Recapitalisation en vue chez Air France - KLM
Ce n'était plus un secret depuis fin octobre et les déclarations de Martin Vial - commissaire aux participations de l'État - qui avait déclaré que l'État était prêt à participer à "d'éventuelles opérations sur le capital" d'Air France - KLM. Mais le projet se précise : selon Les Echos, les pouvoirs publics auraient accepté de participer à un projet d'un montant maximum de 4 milliards d'euros, comprenant l'émission d'actions nouvelles et d'obligations perpétuelles convertibles (soit des quasi-fonds propres).
D'autant plus qu'il ne s'agit plus d'intervenir pour sauver la compagnie aérienne, mais pour lui permettre de rester dans le paysage sur le long terme. Or aujourd'hui, le groupe a besoin de rembourser les aides d'État pour, le cas échéant, obtenir l'aval de Bruxelles à des projets de consolidation du secteur aérien. Totalement bouleversé par la crise sanitaire, le paysage aérien est en effet en voie de recomposition. Procéder à cette augmentation de capital pourrait également lui permettre dans le même temps de voir sa notation s'améliorer et d’espérer diminuer le coût du refinancement de la dette.
Ben Smith, le directeur général d'Air France - KLM, et ses équipes peuvent compter sur un soutien du gouvernement français qui semble sans faille à l'image de Bruno Le Maire, qui a réitéré la semaine passée le soutien de l'État français à une future recapitalisation du groupe. Il faut dire que les récents bons résultats du groupe font apparaître une fenêtre de tir pour mener à bien une opération de ce type. Les comptes, qui affichent notamment un Ebitda de 748 millions d'euros en 2021, montrent que le groupe dispose de "liquidités suffisantes" aux yeux des analystes d'UBS et ce pour un total de 10 milliards d'euros. Dans un contexte encore défavorable (le courtier suisse ne table pas sur un retour du trafic aérien à la normale avant 2024 et Oddo BHF estime de son côté que le groupe devra attendre 2025 pour voir sa recette unitaire passager revenir au niveau de 2019), Ben Smith devrait accélérer le "programme de restructuration" d'Air France - KLM.
Néanmoins l'État n'a pas les mains complètement libres dans la prochaine augmentation de capital puisqu’il possède 29 % du capital et ne peut pas en posséder plus de 30 % sans soumettre une offre sur reste du capital. Il compte notamment sur la peur de l'État néerlandais de voir son capital être encore plus dilué qu'il ne l'est, pour lui faire remettre à la poche et ainsi permettre le meilleur succès possible d'une telle opération. China Eastern Airlines, actionnaire d'Air France - KLM à hauteur de 9,6%, et Delta Airlines, à hauteur de 5,8%, pourraient également y participer.
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