WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Telecom Italia / TIM / Vivendi / KKR / Macquarie / Arnaud de Puyfontaine

Entreprises / Actions
Telecom Italia / TIM / Vivendi / KKR / Macquarie / Arnaud de Puyfontaine

Vivendi défend la juste valeur du réseau de Telecom Italia

Vivendi compte bien faire valoir son point de vue de premier actionnaire de Telecom Italia sur la valeur du réseau fixe de l’opérateur transalpin. Celle-ci dépasse assurément les 21 milliards d’euros selon Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire du groupe français.
Vivendi juge insuffisantes les premières estimations de la valeur du réseau fixe de Telecom Italia - Photo by MIGUEL MEDINA / AFP
Vivendi juge insuffisantes les premières estimations de la valeur du réseau fixe de Telecom Italia - Photo by MIGUEL MEDINA / AFP

Chaque chose à un prix. Celui du réseau de téléphonique de Telecom Italia (TIM) concentre tout à coup l’intérêt depuis le protocole d’accord annoncé dimanche sur l’intégration du réseau fibre FiberCop de l’opérateur transalpin avec celui du fournisseur national de fibre optique Open Fiber.

Les quelques évaluations qui ont commencé à circuler tourneraient autour de 20 milliards d’euros, selon des sources des agences Bloomberg et Reuters. Entre 17 et 21 milliards d'euros pré-synergies selon La Repubblica. Mais le groupe français ne soutiendra pas la vente du réseau de téléphonie fixe TIM si sa juste valeur n'est pas reconnue, a déclaré mercredi Arnaud de Puyfontaine, son président du directoire, au quotidien Italien. "Je veux être très clair au sujet de la valeur du réseau : Vivendi ne soutiendra jamais la vente du réseau aux valeurs que vous avez évoquées", a-t-il déclaré dans cet entretien.

Vivendi n’a pas vocation à participer au tour de table du futur réseau fixe. Le memorandum of understanding ou protocole d’accord a été conclu entre TIM, Open Fiber, le fonds d’investissement américain KKR, son homologue australien Macquarie, et CDP Equity, la branche d'investissement de la Caisse des dépôts italienne (CDP), celle-ci détenant à la fois 10% de TIM et 60% d’Open Fiber. Il vise à créer un opérateur de réseau intégré unique dans la péninsule.

Selon Reuters, la CDP pourrait prendre une part de 70 à 77% dans la nouvelle entité d’infrastructure réseau, le fonds américain KKR détiendrait 12 à 15% et Macquarie les 10 à 13% restants.

L’opération envisagée s’inscrit dans le cadre du plan stratégique du nouveau directeur général de TIM, Pietro Labriola, qui prévoit la scission des actifs de services et de réseaux. L’opérateur transalpin pourrait se désengager complètement de son activité de réseau fixe, ce qui lui permettrait de se désendetter en partie, afin de se concentrer sur ses activités de services. En conséquence, plus le prix déterminé pour le réseau fixe de TIM sera élevé, plus l’endettement colossal du groupe italien – de 23 milliards d’euros à fin mars – pourra être apuré, et plus les futures activités de services séparées disposeront d’une structure financière saine pour se développer et créer de la valeur.

En ce sens, Vivendi, qui compte se concentrer uniquement sur les activités de téléphonie mobile, les services commerciaux et le Brésil, joue son rôle d’actionnaire de long terme exigeant après avoir déjà décliné l’offre de 11 milliards d’euros formulée en fin d’année dernière par KKR pour l’ensemble de TIM. Le patience dont sait faire preuve le groupe français lui a déjà servi dans le passé, comme lorsqu’il avait refusé en 2014 une offre à 6,5 milliards d’euros pour sa filiale Universal Music, finalement introduite en Bourse en 2021 à une valeur de 45 milliards d’euros.

Alors que les parties souhaitent signer un accord ferme d'ici au 31 octobre, sous réserve d'avoir obtenu l'aval des autorités de régulation et des actionnaires de Telecom Italia, le groupe français de médias devrait logiquement continuer d’user son influence pour obtenir une évaluation du réseau fixe de TIM plus en rapport avec la réalité. Une démarche tout sauf égoïste. "En tant qu'actionnaires de référence, notre devoir est de protéger la valeur et l'intérêt de l'entreprise, envers nos actionnaires et tous les autres investisseurs de Tim", a ainsi déclaré Arnaud de Puyfontaine à la Repubblica. Les lignes pourrait ainsi bouger d’ici la présentation le 7 juillet de la journée investisseurs de TIM, au cours de laquelle sera détaillé le nouveau plan industriel de l’opérateur.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article