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Telecom Italia ne fait pas les affaires de Vivendi
Et de trois. Telecom Italia (TIM), l’homme malade des opérateurs européens, a émis un nouvel avertissement sur ses prévisions de résultat – le troisième cette année. Le groupe transalpin s’attend désormais à un recul de son Ebitdaal (Ebitda après revenus locatifs, un indicateur financer essentiel au secteur) de ses activités domestiques de l’ordre de 10 à 15% cette année (il a atteint 5,93 milliards d’euros en 2020). Précédemment, il anticipait une baisse située entre 5 et 10%.
Sans surprise, le principal responsable de cette déconvenue est son partenariat à un milliard d’euros sur trois ans avec DAZN, le diffuseur du championnat italien de première division de football (la Serie A), qui ne cesse de lui causer du tort. Sa faible performance va provoquer une "baisse des revenus des lignes fixes", indique le groupe qui, selon la presse transalpine, tenterait de renégocier le contrat.
Les termes de ce contrat sont régulièrement décriés par Vivendi, le premier actionnaire de TIM (à 23,75% de son capital). Le géant français des médias et de l’édition a obtenu fin novembre la tête de l’administrateur délégué Luigi Gubitosi, responsable de la signature de l’accord, mais aussi de l’explosion de la dette et de l’effondrement de la rentabilité de l’opérateur. Vivendi le jugeait également trop proche de KKR, le fonds d’investissement américain qui vient de faire une offre amicale à 0,505 euro par action (soit une valeur de 33 milliards d’euros dette comprise), loin du prix moyen auquel le Français a acquis ses parts (estimé à 1,07 euro).
C’est précisément là que le nouveau profit warning de TIM n’arrange pas du tout Vivendi. Même s’il ne peut espérer que KKR s’aligne sur son prix de revient, une réévaluation de l’offre était concevable – des rumeurs évoquaient une possible proposition à 0,80 euro par action, ce qui correspond peu ou prou à la valeur comptable actuelle de la participation au bilan de Vivendi.
Certes, l’avertissement correspond à des charges non récurrentes dans les comptes de TIM en 2021. Il n’entame pas réellement la valeur intrinsèque de l’opérateur italien. Mais il hypothèque toute réévaluation importante de l’offre de KKR. Et a de quoi décourager tout éventuel chevalier blanc à faire preuve d’une grande générosité.
Vivendi n’a toutefois pas dit son dernier mot et, selon plusieurs sources, il préparerait un projet pour redresser TIM et convaincre l’Etat italien (également actionnaire de l’opérateur) de repousser les avances de KKR. Pour emporter l’adhésion, il souhaiterait purger l’influence de Luigi Gubitosi en demandant un remaniement – l’ex-administrateur délégué, équivalent au poste de directeur général, siège toujours au conseil. Un conseil d'administration de TIM doit se tenir aujourd'hui.
Hier, l’action TIM chutait de plus de 1% à la Bourse de Milan, naviguant sous la barre des 44 centimes d’euro. Signe que les investisseurs ne croient guère en une nouvelle offre de KKR ou d’un concurrent.
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