Fusions, Acquisitions / Lagardère / Arnaud Lagardère / Wasserman
Fusions, Acquisitions
Lagardère / Arnaud Lagardère / Wasserman
Lagardère tente de brader ses actifs sports
Après avoir perdu des centaines de millions d’euros en plusieurs années sur son activité de marketing sportif - la seule opération qu’Arnaud Lagardère ait menée de ses propres mains - il a enfin convenu qu’il valait mieux s’en défaire afin de recentrer le groupe sur l’édition et sur la distribution sélective dans les gares et les aéroports. Quant à Lagardère Active, c’est devenu un fantôme avec une radio Europe 1 en train de sortir du paysage des audiences, un Journal du Dimanche dont la diffusion plonge et un Paris Match qui survit.
Selon le Financial Times, Wasserman Media Group qui représente des stars du sport de la NBA et de l'équipe féminine de football américain est en pourparlers dans le but d'acheter la branche marketing sportif du Lagardère. Les deux parties ont entamé une période de discussions exclusives sur une opération qui pourrait rapporter entre 250 et 300 millions de dollars à Lagardère Sport et Entertainment. Cette filiale de Lagardère vend les droits de retransmission télévisuelle de sports en direct dans le monde, organise des événements sportifs et représente des athlètes.
Pour Wasserman, basé à Los Angeles, l'accord permettrait à l'agence américaine de marketing sportif et de talents de renforcer sa présence au niveau mondial dans une série de catégories complémentaires. Fondée et dirigée par Casey Wasserman, petit-fils du magnat hollywoodien Lew Wasserman, l'agence est en concurrence avec des concurrents tels qu'Endeavor d'Ari Emanuel et CAA soutenu par TPG - qui ont tous cherché à se développer à l'international.
Le pôle Sport de Lagardère est sous pression après avoir perdu un contrat clé qui a soutenu l'activité au cours des dernières années et qui a été marqué par une cession par la société en novembre. À l’époque, le résultat avant impôt du pôle Sport de Lagardère s'élevait à 206 millions d'euros, contre 265 millions un an plus tôt. Et l’ensemble du groupe Lagardère est en fâcheuse posture avec un actionnaire dirigeant qui n’est plus maître de sa participation, puisqu’il a nanti tous ses titres.
Autant dire que ce bateau ivre aurait beaucoup de chance si cette cession voyait le jour. Même si Lagardère se complaît encore ce matin à faire la fine bouche en déclarant qu’il évalue actuellement les options stratégiques pour la cession de tout ou partie de Lagardère Sports. Et que durant ce processus, le groupe peut être amené à accorder des périodes d’exclusivité à des acquéreurs potentiels. Ce qui confirme l’information du Financial Times tout en montrant que les dirigeants de Lagardère n’ont toujours pas pris la mesure de l’urgence de cette cession. Et c’est bien cela qui inquiète les investisseurs ce matin.
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